Éducation : bientôt le retour du redoublement ?

Éducation : bientôt le retour du redoublement ?

Une classe de primaire à Quimper, le 4 septembre 2017.

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Orange avec AFP, publié le mardi 28 novembre 2017 à 20h08

SCOLARITÉ. Un projet de décret, qui sera examiné mercredi par une commission spécialisée avant d'être présenté devant le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) le 14 décembre, rétablit la possibilité du redoublement, rendu exceptionnel par le précédent gouvernement.

"Il n'est pas normal d'interdire le redoublement.

Il y a quelque chose d'absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant des retards", déplorait en juin dernier dans un entretien au Parisien le ministre de l'Éducation national Jean-Michel Blanquer. Depuis novembre 2014, un décret pris par sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem affirmant son "caractère exceptionnel" le limite en effet fortement. Il ne peut être proposé que pour "pallier une période de rupture des apprentissages scolaires" et la famille ne peut le demander qu'en troisième et en seconde si l'orientation proposée ne lui convient pas.

La situation pourrait bientôt changer. Un projet de décret, qui sera examiné mercredi 29 novembre par une commission spécialisée avant d'être présenté devant le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) le 14 décembre, rétablit la possibilité du redoublement. Selon ce texte révélé mardi 28 novembre par Le Figaro, et dont l'AFP a obtenu copie, "à titre exceptionnel, dans le cas où le dispositif d'accompagnement pédagogique mis en place n'a pas permis de pallier les difficultés importantes d'apprentissage rencontrées par l'élève, un redoublement peut être proposé par le conseil des maîtres". Lorsqu'il sera mis en œuvre, l'élève bénéficiera d'un "dispositif d'accompagnement spécifique".



"Le redoublement doit rester exceptionnel", décrypte-t-on dans l'entourage du ministre. Mais le projet de décret précise son cadre : "Le conseil de classe pourra alerter en cours d'année sur un risque de redoublement, il proposera alors un accompagnement à l'élève (stage, tutorat...) et s'il y a malgré tout un échec, le chef d'établissement pourra in fine décider d'un redoublement en fin d'année".

"DE NOMBREUX GARDE-FOUS"

Ce projet redonne du poids aux décisions des enseignants, se félicite Jean-Rémi Girard du Snalc, syndicat de professeurs du secondaire, saluant dans les colonnes du Figaro "un texte qui va dans le bon sens". René Chiche, représentant du syndicat CFE-CGC "approuve ce projet. Tous les professeurs sérieux, j'en suis certain, sont aussi de cet avis".

"Le projet introduit clairement la possibilité pour le conseil de classe de décider un redoublement à n'importe quel moment du cycle. Si le ministre veut vraiment qu'il reste exceptionnel, pourquoi ouvrir une telle possibilité ?", s'interroge de son côté auprès de l'AFP Claire Krepper, du syndicat SE-Unsa.

Néanmoins, rien ne dit que les redoublements vont exploser avec ce nouveau décret. "Ce texte ne va sans doute pas changer grand-chose sur le terrain", estime côté Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU. "On a le sentiment qu'il s'agit surtout de dire aux professeurs qu'on prend en compte leur avis". Ce nouveau texte "redonne un peu de souplesse mais comporte de nombreux garde-fous", insiste-t-il dans Le Figaro. Aucun moyen supplémentaire n'est budgété concernant le redoublement par exemple, avance le quotidien. "Il ne va pas se traduire par une multiplication des demandes de doublements, précise Jean-Rémi Girard, mais il permet de redonner la décision de départ à l'équipe pédagogique. Or, dans certains cas bien particuliers et avec l'accord des familles, un redoublement peut être efficace".

Efficace ? Rien n'est moins sûr. Dans un rapport en 2015, le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) soulignait que "dans la majorité des études, le redoublement n'a pas d'effet sur les performances scolaires à long terme".
 
43 commentaires - Éducation : bientôt le retour du redoublement ?
  • Depuis les années soixante-dix, les ministres successifs ont tous cherché à rendre les redoublements statistiquement négligeables et ce pour des raisons de coût. Les discours sur l'épanouissement des enfants tenus par divers théoriciens de la psychologie font plaisir aux parents concernés, mais ne donnent pas la véritable explication, de nature financière.
    En fait, pour l'efficacité du système éducatif et la formation des élèves, la vraie question n'est pas celle du redoublement, mais du passage au niveau supérieur. Doit-il être la reconnaissance de compétences (comme le permis de conduire) ou un droit automatiquement acquis avec l'âge (comme celui de voter à 18 ans) ? Si on revenait à la première conception, il faudrait ouvrir des structures d'accueil pour les élèves en échec durable, ce qui coûterait cher; on peut donc penser que le retour du redoublement restera marginal, même si la décision n'appartient plus à la famille.
    Et si le redoublement prévu par le Conseil (des maîtres ou de classe, suivant le niveau) est refusé par la famille, l'appel ne devra plus se faire devant une commission mais par un examen avec sujets académiques. Sans cela, la modification annoncée n'aura qu'un effet... d'annonce.

  • Et alors ? on en meurt pas des redoublements :autrefois , nous les pauvres des quartiers populaires on passait le certif ,puis mes meilleurs un concours pour la 6ème ,ensuite le brevet qui autorisait seul le passage en seconde ,puis 1er bac ,ensuite 2ème bac pour la suite en fac ! j'ai du redoubler au moins deux fois ! arrivé à environs bac plus 10 pour avoir raté l'entrée (en 3ème ) de la bonne vieille école Normale d'instituteurs (ou après l'armée du moins ceux qui la faisaient ,bossaient à 22 ans sans problèmes !).Remarquez , " le Paul "( Boccuse ,dit "l'empereur) a toujours prétendu avoir eu directement au Col de la Luère chez chez la maman Braziers (ou ça ...chauffait !) les bacs :bac d'eau chaude à droite et bac d'eau froide à gauche :ça lui a réussi !

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    LEF93  (privé) -

    En espérant quand dans certaines écoles publiques , la moyenne sur 20 ne soit plus 8, mais bien 10!!! Mais pour le coup, il risque 'd'y avoir une hausse de redoublement, donc fort à parier que cela disparaisse dans un avenir proche, sauf si l'on nivelle encore une fois vers le bas.

  • Allez encore des réformes pour revenir en arrière et quelques efforts et si ça se trouve les enfants sortiront un jour du primaire en sachant lire, écrire et même compter !

  • que de reparations a faire apres les degats causes par le passage socialo de belkacem...!!! et elle s en lave les mains comme tous ces elus incompetents !! pitoyable on devrait pouvoir les poursuivre en justice..... mais quoi qu ils fassent ils sont irresponsables et non-*coupables !!!!!!!

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