Écoles d'infirmières et d'aides-soignants : la Normandie veut fermer 9 établissements

Écoles d'infirmières et d'aides-soignants : la Normandie veut fermer 9 établissements
Une manifestation d'apprenties-infirmières (illustration)

, publié le samedi 29 octobre 2016 à 08h14

Le conseil régional de Normandie souhaite fermer neuf écoles d'infirmières et d'aides-soignants, arguant d'un trop fort taux de chômage parmi les nouveaux diplômés.

L'objectif affiché est de fermer l'Institut de formation de soins infirmiers (IFSI) de Vire (Calvados), sur les 16 que compte la région. 8 Instituts de formation d'aides soignants (IFAS) sont également menacés, sur les 17 répartis sur le territoire.

Presque tous sont situés dans des villes moyennes. Selon les chiffres communiqués par la région, le chômage a bondi de 92% au cours des six dernières années dans la profession infirmière: 850 infirmiers et infirmières sont sans emploi, alors que 1.630 diplômés sortent des écoles chaque année.

"RESPONSABILITÉ" CONTRE "ABANDON DES TERRITOIRES"

"Il est de notre responsabilité de ne pas former des infirmiers qui seront au chômage demain", a récemment estimé le vice-président régional chargé de la formation Davis Margueritte. "C'est l'Etat, en l'occurrence l'ARS (Agence régionale de santé, NDLR), qui en tant qu'autorité de régulation, fixe les volumes de formations infirmières. La région Normandie à qui il appartient de réguler les lieux de formation et les volumes par école, n'a d'autres choix que d'appliquer ces quotas", souligne également l'élu dans un communiqué.

"On est en train d'abandonner des territoires, car réguler l'offre de formation c'est une chose, mais quand on ferme un établissement, c'est définitif", a répondu ce vendredi 28 octobre le chef de l'opposition et ancien président de la Haute Normandie, Nicolas Mayer. Il rappelle notamment que l'établissement d'Argentan, dans l'Orne, a fait l'objet d'une rénovation il y a moins de trois ans: "C'est de la gabegie de fonds publics", a-t-il affirmé, s'étonnant que les fermetures concernent principalement des communes gérées par la gauche.


Du côté de la Coordination nationale Infirmière, on reconnait un chômage dans la profession plus élevé en Normandie et en Bretagne, car les diplômés sont attachés à leur région. "Mais la situation est mouvante, il y a eu pénurie il n'y a pas si longtemps et il va y avoir beaucoup de départs à la retraite dans les prochaines années", indique la présidente de l'organisme Nathalie Depoire, estimant que "la solution de la fermeture n'est pas la plus pertinente".

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