Ecoles : appel à une grève nationale le 13 janvier contre un "protocole sanitaire ingérable"

Ecoles : appel à une grève nationale le 13 janvier contre un "protocole sanitaire ingérable"©PHILIPPE DESMAZES / AFP

publié le vendredi 07 janvier 2022 à 12h28

"La situation depuis la rentrée de janvier engendre une pagaille indescriptible", dénonce le Snuipp-FSU, premier syndicat d'enseignants du primaire, dans un communiqué

L'annonce de l'allègement du protocole sanitaire dans les écoles a provoqué la colère des syndicats. Le Snuipp-FSU, premier syndicat d'enseignants du primaire dénonce "une pagaille indescriptible" dans les écoles en raison de l'épidémie de Covid-19 et a annoncé ce vendredi 7 janvier, lancer un appel à la grève nationale jeudi 13 janvier, proposant à toutes les organisations syndicales de l'éducation de s'y joindre.

Le SE-Unsa, pour les écoles mais aussi les collèges et les lycées, a également appelé à la mobilisation.



"La situation depuis la rentrée de janvier engendre une pagaille indescriptible et un sentiment fort d'abandon et de colère parmi les personnels des écoles", dénonce le Snuipp-FSU dans un communiqué. Il regrette notamment le fait que "lors de la réunion sanitaire d'hier (jeudi, NDLR), le ministre est resté sourd une nouvelle fois aux exigences portées par les organisations syndicales pour sécuriser l'école".

Le Snuipp-FSU "appelle donc les personnels des écoles à se mettre en grève le jeudi 13 janvier, face au chaos mais également au mépris et aux mensonges, pour obtenir les conditions d'une école sécurisée sous Omicron", est-il écrit.

Concrètement, les enseignants ont jusqu'à lundi soir pour se déclarer grévistes.


"Nous savions que janvier serait très difficile"

"Il s'agit de revoir le protocole avec notamment le retour à la règle protectrice 'un cas positif = fermeture de la classe', l'isolement des cas contacts intrafamiliaux et une politique de tests préventifs hebdomadaires salivaires systématiques", demande le syndicat.

Les personnels "doivent être équipés dès maintenant de masques chirurgicaux, et FFP2 pour ceux qui le souhaitent, des autotests doivent leur être fournis et les salles de classe et de restauration équipées en capteurs de CO2".

Sur CNews ce vendredi, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer s'est expliqué : "Bien sûr que c'est dur, bien sûr que c'est compliqué, je l'ai dit dès avant janvier, nous savions que janvier serait très difficile. Le grand enjeu, d'abord, c'est d'être tous solidaires, unis, pour réussir nos objectifs qui sont au service des enfants : avoir l'école ouverte au maximum. Je crois que c'est un objectif partagé par tout le monde."

Selon le Snuipp, "le ministre clame maintenir les écoles ouvertes mais le choix politique du gouvernement est bien d'assurer l'accueil des élèves, pour permettre aux parents d'aller travailler, au dépens de la santé des personnels, de celle des enfants, de leurs familles. Sur le terrain la réalité est bien toute autre, les directeurs, directrices et les enseignants, enseignantes ne peuvent plus exercer correctement leurs missions d'enseignement", affirme-t-il.

Sur la question des remplaçants, "le ministère doit enfin élargir le vivier de personnels remplaçants pour pallier les absences en abondant et recrutant les listes complémentaires ainsi qu'en recrutant des titulaires via un collectif budgétaire".

Une réunion en intersyndicale des syndicats de l'enseignement est prévue vendredi à 17 heures.

Un nouveau protocole sanitaire assoupli

Selon le nouveau protocole sanitaire mis à jour jeudi soir,  les élèves n'auront plus à recommencer la série des trois tests si un nouveau cas positif se déclare dans les sept jours.

Depuis le retour des vacances scolaires, si un cas positif au Covid-19 est détecté dans une classe, tous les élèves doivent faire trois tests en quatre jours. Le premier test négatif leur permet de revenir en classe. Puis quand la famille fait le premier test, elle doit recevoir en pharmacie deux autotests gratuits, pour que les élèves se testent à nouveau à la maison à J + 2 et à J + 4.

Si un élève de la classe accueilli sur présentation d'un test négatif se déclare positif (par exemple suite à autotest réalisé à J2 ou J4), il n'est pas nécessaire de redémarrer immédiatement un cycle de dépistage pour les autres élèves de la classe ou les contacts à risque.

"Le cycle de dépistage ne redémarre que si le second cas confirmé a eu des contacts avec les autres élèves après un délai de 7 jours suite à l'identification du premier cas", précise désormais le protocole, un petit assouplissement.

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