Echauffourées à Toulouse: nouveaux incidents, couvre-feu pour mineurs à l'étude

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Carcasse de voiture calcinée dans le quartier de La Reynerie à Toulouse le 17 avril 2018
Carcasse de voiture calcinée dans le quartier de La Reynerie à Toulouse le 17 avril 2018
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© AFP, ERIC CABANIS

AFP, publié le mercredi 18 avril 2018 à 07h25

De nouveaux incidents ont eu lieu mardi soir dans le quartier sensible du Mirail à Toulouse, mais qui semblaient de moindre importance que les deux nuits précédentes lors desquelles des échauffourées avaient opposé jeunes et policiers.

Ces violences interviennent après la mort, probablement par suicide, d'un détenu originaire du Mirail et l'interpellation d'une femme en burqa, qui sera jugée en mai pour "rébellion, outrage et menaces de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Mardi soir, des policiers ont été épisodiquement la cible de projectiles et au moins sept voitures ont été incendiées au Mirail, mais les incidents étaient à 23H00 de "moindre intensité" que les deux dernières nuits selon la préfecture.

Six voitures ont été incendiés chez un concessionnaire automobile situé dans le quartier Bellefontaine, qui fait partie du Grand Mirail, un ensemble comptant quelque 40.000 habitants et en proie à de nombreux trafics de drogue et règlements de compte. 

Une voiture et des conteneurs poubelles ont aussi été brûlés dans le quartier de Bagatelle peu avant minuit, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"C'est pour l'instant sans aucune commune mesure avec les deux dernières nuits. C'est maîtrisé et contenu mais il faut attendre la fin de la nuit pour se prononcer", a indiqué peu avant minuit Didier Martinez, le secrétaire régional du syndicat Unité SGP police-FO.

Sur les 18 personnes interpellées lundi soir, six sont mineurs. La garde à vue a été prolongée mardi pour 16 d'entre eux, dont quatre mineurs, selon le parquet de Toulouse. Tous sont des hommes, le plus âgé a 34 ans. Un ou deux pourraient être jugés en comparution immédiate dès mercredi. La majorité des autres le sera jeudi et vendredi.

Mardi soir, la Ville a indiqué qu'elle étudiait avec la préfecture "les conditions juridiques pour établir un arrêté de couvre-feu qui viserait les personnes mineures dans le périmètre des quartiers où ont lieu les violences urbaines" dans le Grand Mirail.

"C'est une question posée sur la table et conditionnée à la tournure des événements ce (mardi) soir", ont précisé les services du maire LR, Jean-Luc Moudenc.

- "Le calme doit revenir !" -

"J'appelle les familles à prendre toutes les précautions vis-à-vis de leurs enfants. Ils ne doivent pas risquer de se retrouver ce (mardi) soir au milieu de heurts qui pourraient survenir. Le calme doit revenir !", a insisté M. Moudenc dans un tweet en début de soirée.

Dimanche, de premières échauffourées avaient opposé une centaine de jeunes aux forces de l'ordre à la Reynerie et à Bellefontaine, des quartiers du Grand Mirail classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Avec une population d'environ 40.000 habitants, le Grand Mirail est en proie à de nombreux trafics de drogue et des règlements de comptes. 

Les violences sont survenues à la suite d'une rumeur selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, auraient été à l'origine du décès samedi d'un détenu, originaire du quartier. Cet homme de 37 ans était en quartier disciplinaire après avoir agressé un surveillant.

Il venait d'être renvoyé devant la cour d'assises de l'Ain pour des faits criminels, selon le parquet. Mardi après-midi, comme la veille, des détenus de Seysses ont refusé pendant quelques heures de réintégrer leur cellule, selon l'administration pénitentiaire.

Une enquête judiciaire a été ouverte pour "recherche des causes de la mort" par le parquet de Toulouse, qui a souligné que l'autopsie avait confirmé que les causes du décès du détenu "sont compatibles avec une mort par pendaison".

Selon la police, la tension dans le quartier était encore montée dimanche après-midi après le contrôle d'une femme en burqa refusant de se soumettre aux vérifications de la police. Mardi, à l'issue de sa garde à vue, cette femme de 38 ans, qui n'avait aucune mention sur son casier judiciaire, s'est vu signifier sa convocation devant la justice le 17 mai. 

Une réunion s'est par ailleurs tenue mardi après-midi à la Reynerie, un quartier du Mirail, entre les représentants de la municipalité et des associations de quartier afin de "remettre du dialogue" et "rassurer des riverains très inquiets qui se sentent pris en otages", selon la mairie.

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