Manifestations "pour la liberté": A Annecy, une foule hétéroclite au milieu des touristes

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Manifestation contre le pass sanitaire à Annecy le 24 juillet 2021
Manifestation contre le pass sanitaire à Annecy le 24 juillet 2021
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© AFP, Sophie RODRIGUEZ

publié le samedi 24 juillet 2021 à 19h25

A Annecy, dans un décor de carte postale, quelques milliers de personnes ont défilé contre l'extension du pass sanitaire, "pour la liberté" et contre "une pensée unique qui ressemble à une dictature".

Certains portaient des masques et iront se faire vacciner, d'autres dénonçaient la "censure" des médias, "l'état de tyrannie" en France et "les morts" de la vaccination contre le Covid-19.

Selon la préfecture, ils étaient 3.500 dans les rues de la ville, devenue depuis le printemps un haut lieu de la contestation anti-masque.

"On veut avoir le choix de se vacciner ou pas", énonce un homme de 50 ans. "On nous tord le bras", dit-il. Avec sa compagne Evelyne, 60 ans, ils étaient des premières manifestations.

En mars, alors que la France se distinguait en Europe par la quasi-absence de manifestations contre les restrictions sanitaires, un millier de personnes défilaient ici "pour la liberté" et contre l'obligation du masque.

Le 14 juillet, un groupe avait forcé son chemin jusque dans les les jardins de la préfecture, une intrusion alors condamnée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

"Plus on avance dans le temps, plus nous avons raison de nous inquiéter de ces grignotages de libertés", poursuit le quinquagénaire. De son côté, ce qui inquiète Evelyne, c'est "cette robotisation". Robotisation? Oui, "On va nous injecter des nanoparticules qui feront qu'on sera commandé à distance", avance-t-elle.

Devant la préfecture, une poignée d'hommes manifestent avec des cornes de bétail en brandissant des drapeaux de Savoie. "Vacciné, non-vaccinés, nous sommes unis", "pass = sélection = dérive nazie", peut-on lire sur des pancartes. 

- "amalgame de colères" -

"Ca va être tout les samedis comme ça", râle Eric Pricaz, un commerçant de 55 ans au passage du cortège.

"Si on a une bonne hygiène de vie, le vaccin, ça sert à rien", assure, lunettes de soleil de sport sur le nez, Patrice, un fonctionnaire de 44 ans.

Au milieu de touristes un peu perdus, on distingue une poignée de "gilets jaunes", des blouses blanches, et comme Patrice une grande partie ne semblent pas être habitués des cortèges de protestation.

C'est un "amalgame de colères", régionalistes savoyards, "gilets jaunes" et anti-systèmes de gauche, mais pas seulement, estime Pierre Geay, adjoint à la sécurité du maire EELV d'Annecy François Astorg. 

Ces manifestations à répétition "révèlent une crise sociale" qui était inconnue dans la région, note M. Geay.

Hélène Manfre, une aide-soignante à domicile de 46 ans, est venue avec son compagnon et ses enfants de 5 et 8 ans, tous masqués. "On est pas des extrémistes" avancent-ils. Elle ira se faire vacciner pour ne pas perdre son emploi, à l'inverse de Carine, 42 ans, infirmière cadre de santé, qui préfère éviter "les effets secondaires et les morts" du vaccin.

"On est sur un produit expérimental, sur une population de masse. C'est extrêmement dangereux," s'agace à ses côtés Marc, comptable de 57 ans, qui s'inquiète d'une "manipulation". "Dès que ça sort (des propos du gouvernement et des médias), on dit que celui qui s'exprime est un complotiste."

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