Durcissement du port d'armes hors service : la circulaire qui fâche les policiers

Durcissement du port d'armes hors service : la circulaire qui fâche les policiers
Un policier à Paris le 20 mars 2017.

Orange avec AFP, publié le mercredi 21 juin 2017 à 15h35

Selon Europe 1, une note du 9 mars diffusée vendredi 16 juin dans tous les commissariats durcit les conditions de port d'armes hors service pour les forces de l'ordre. Elle prévoit que les agents de police qui veulent porter leur arme en dehors de leurs heures de services aient effectué dans les quatre derniers mois au moins un entraînement de tir.

"Lors de l'année en cours, il ne doit pas se passer plus de quatre moins entre deux entraînements au tir avec l'arme individuelle", indique le document que publie Europe 1 sur son site.

Avant, il suffisait d'effectuer trois tirs par an, qu'il était possible de regrouper sur une même période, rappelle Europe 1. Des nouveaux critères qui s'appliquent également pour les trajets en voiture du domicile au travail.



Au micro d'Europe 1, Loïc Le Couplier du syndicat Alliance dénonce une situation confuse : "d'un côté, on dit 'on assure la sécurité des policiers, on leur donne des moyens, il faut qu'ils soient protégés car ils constituent des cibles'. Et d'un autre côté on s'arrange pour faire des notes qui annihilent un texte de loi qui était favorable à la protection des policiers et des citoyens. Ce n'est pas très cohérent". Du côté des policiers, la mesure a du mal à passer. "Ça commence à ronchonner sérieusement", prévient-il.

Contactée par Europe 1, la direction générale de la police nationale estime que les policiers ont besoin d'être plus "aguerris" pour parer à toute éventualité en dehors de leurs heures de service. "Quand les policiers sont en service sur la voie publique, ils sont par équipe d'au moins trois. Or, quand ils rentrent chez eux, ils sont seuls. Ils ont donc besoin d'être plus aguerris".

Pour rappel, depuis les attentats de Paris et Saint-Denis en novembre 2015, les policiers peuvent s'ils le souhaitent conserver leur arme en dehors de leurs heures de travail. Une décision confortée par la tuerie de Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016, au cours de laquelle un couple de policiers avaient été tués à leur domicile.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.