Drogue : "utiles et efficaces", les "salles de shoot" doivent être "pérennisées", recommande une mission de l'Assemblée

Drogue : "utiles et efficaces", les "salles de shoot" doivent être "pérennisées", recommande une mission de l'Assemblée
Un toxicomane à Paris.

publié le mercredi 15 septembre 2021 à 08h55

Toutefois, ces salles de consommation "ne peuvent se concevoir que dans un parcours médical complet", souligne la mission qui recommande de "développer les lits en addictologie pour permettre le sevrage" et "les lieux de postcure".

Alors que le sujet provoque de vives tensions, notamment à Paris où la maire PS Anne Hidalgo a indiqué vouloir ouvrir de nouvelles "salles de shoot", une mission de l'Assemblée a estimé que ces salles de consommation à moindre risque (SCMR) pour toxicomanes sont "utiles et efficaces" et qu'elles doivent être "pérennisées".



Demandant à leurs collègues de "ne pas parler de salle de shoot, terme péjoratif pour les personnels du secteur mais aussi pour les usagers", les deux rapporteurs de la mission, Caroline Janvier (LREM) et Stéphane Viry (LR), considèrent que le dispositif légal autorisant les SCMR "doit être maintenu, et qu'il est pertinent pour prendre en charge les usagers de crack", ainsi qu'ils l'ont expliqué, mardi 14 septembre, devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée qui les avait chargé de la mission.

"Ces salles doivent être pérennisées mais pas généralisées", a également indiqué Caroline Janvier alors que le cadre expérimental qui autorise les SCMR depuis 2016 arrive à son terme en 2022. Début juin, le cabinet du ministre de la Santé Olivier Véran avait jugé "positif" le bilan des deux structures de ce genre testées à Paris et Strasbourg depuis 2016.

Mais "ces salles ne peuvent se concevoir que dans un parcours médical complet" car leur but "n'est effectivement pas de sevrer des toxicomanes", a poursuivi Stéphane Viry, préconisant pour cela de "développer les lits en addictologie pour permettre le sevrage" et "les lieux de postcure". Ces SCMR doivent en outre "être issues d'initiatives locales, portées par les municipalités et conçues en concertation" notamment avec le voisinage, ont estimé les rapporteurs de la mission. 

Par ailleurs, Caroline Janvier et Stéphane Viry recommandent d'ouvrir des salles de consommation "au niveau de scènes déjà existantes", "afin de garantir l'efficacité du dispositif mais aussi de ne pas créer de nouveaux lieux de fixation". "Une salle mal ouverte, mal implantée va générer des difficultés, des conséquences collatérales très dures, pénalisantes pour l'idée même de la salle", a ainsi expliqué le député LR des Vosges.

La volonté de la maire de Paris d'ouvrir un de ces "espaces intégrés de prise en charge" dans le 20e arrondissement, jusqu'ici peu concerné par le crack, a provoqué une levée de boucliers des riverains rue Pelleport, où ils ont identifié une école maternelle vacante, entourée d'écoles et de crèches, comme le site choisi. Mais "pour l'instant, il n'est pas question de lieu d'inhalation" rue Pelleport, a assuré le premier adjoint (PS) Emmanuel Grégoire à l'AFP. Le maire d'arrondissement Eric Pliez doit rencontrer les riverains ce mercredi 15 septembre. Des oppositions similaires se sont manifestées dans le 10e arrondissement de la capitale, qui pourrait également accueillir une salle de consommation. 

Pour les rapporteurs, la possibilité d'ouvrir des espaces de consommation "au sein de certains Caarud" (centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues), petites structures où la consommation est jusqu'ici interdite, "doit être étudiée".
 

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