Drogue, cigarettes et liasses d'argent liquide : le procès de la "BAC Nord" s'ouvre à Marseille

Drogue, cigarettes et liasses d'argent liquide : le procès de la "BAC Nord" s'ouvre à Marseille
(illustration)

publié le lundi 12 avril 2021 à 08h00

Plusieurs membres des groupes de jour de la brigade étaient habitués de pratiques bien éloignées des procédures, mises au jour grâce à des écoutes.

18 ex-policiers de la brigade anticriminalité de Marseille seront jugés pour leurs dérapages présumés, dans le procès dit "de la BAC Nord", au tribunal correctionnel de Marseille.

Véritables "ripoux" ou simples flics de terrain peu regardants avec les procédures, les juges devront trancher à l'issue des deux semaines d'audience où comparaîtront ces hommes âgés de 37 à 60 ans poursuivis pour avoir dépouillé, il y a neuf ans, des trafiquants de drogue et autres revendeurs de cigarettes de contrebande qu'ils contrôlaient dans des cités des quartiers nord de la ville.

Entre barrettes de cannabis, sacoches pleines d'argent et cartouches de cigarettes, les trois groupes de jour de la BAC Nord se servaient copieusement, comme le laissent entendre leurs discussions, de mai à octobre 2012, alors que leurs bureaux et leurs véhicules étaient "sonorisés" par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Perquisitions "à la mexicaine"

"Ils se payaient sur la bête, ils prélevaient leur dime", avait ainsi commenté le procureur de Marseille, Jacques Dallest, en octobre 2012, stigmatisant un service victime de "gangrène". "Il n'y pas de place pour ceux qui salissent l'uniforme de la police", avait accusé Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avant de dissoudre l'ensemble de la brigade.

La "sonorisation" du 17 juillet 2012, mettant notamment en scène Jean Fiorenti, semble résumer l'esprit qui régnait dans le service: "On commence à avoir un bon petit groupe, où on sait qu'on ferme nos gueules. Ce qui se dit dans la voiture reste dans la voiture".

D'autres enregistrements semblent accablants.

Ici on évoque une sacoche contenant "plus de 2.500 euros", volée à un dealer de la cité des Rosiers, qui permet de "régaler cinq collègues". Là c'est une perquisition illégale, "à la mexicaine", dans un appartement, où quatre policiers échouent sur le fil à voler 2.000 euros de marchandise. Puis il y a ce "gitan", selon leurs mots, à qui ils "piquent un peu de pognon". Ou ce voleur à l'arraché finalement relâché après négociation: "Allez, file nous deux barrettes (de cannabis) et on te laisse tranquille".

Parmi les 18 prévenus, qui comparaîtront tous libres, trois ont été révoqués après l'enquête de l'IGPN. Les 15 autres ont écopé d'exclusions temporaires ou de blâmes et sont toujours policiers. L'un d'eux a retrouvé un poste à la BAC Nord.

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