Drame de Millas: "selon la SNCF, tout fonctionnait parfaitement"

Drame de Millas: "selon la SNCF, tout fonctionnait parfaitement"

Des enquêteurs et des gendarmes sont sur le site de l'accident entre un bus scolaire et un TER à Millas, le 19 décembre 2017

A lire aussi

AFP, publié le samedi 30 décembre 2017 à 13h56

"Tout fonctionnait parfaitement" au passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales) où la collision entre un car scolaire et un train a fait six morts et plusieurs blessés le 14 décembre, a affirmé samedi Me Jehanne Collard, avocate de certaines familles de victimes, en citant un rapport interne de la SNCF.

"Le rapport de la SNCF dit: +les barrières étaient baissées, elles fonctionnaient, le feu fonctionnait, le signal sonore fonctionnait+", a souligné l'avocate, rappelant que "la SNCF est obligée de faire un rapport quand il y a un accident".

Me Collard déplore que "cet audit interne" rendu jeudi, qui a été réalisé par des agents de la compagnie ferroviaire, ne soit pas rendu public "comme c'est généralement la règle".

"On peut certes imaginer que la SNCF truque ses rapports, mais j'ai du mal à le croire", a poursuivi l'avocate: "La SNCF sait qu'il va y avoir une expertise judiciaire, ce serait une énorme erreur de leur part."

Contacté par l'AFP, le parquet n'avait samedi confirmé ni la teneur de ce rapport de la SNCF, ni le fait qu'il ait effectivement été joint au dossier judiciaire. 

"La direction des audits de sécurité de SNCF a produit un rapport de constatation qui a été adressé au procureur de la République et au BEA-TT (le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre, ndlr), seuls chargés de l'enquête", a de son côté indiqué le groupe public.

"SNCF ne s'est jamais exprimé sur le fonctionnement du passage à niveau de Millas au moment du tragique accident", a-t-il précisé dans un bref communiqué, ajoutant que "cette question relève uniquement de l'instruction judiciaire à laquelle SNCF collabore pleinement". 

La conductrice du car scolaire, mise en examen le 20 décembre pour "homicides et blessures involontaires par imprudence" et placée sous contrôle judiciaire, avec notamment l'interdiction de conduire, a toujours assuré avoir vu les barrières du passage à niveau levées, le 14 décembre. Elle avait de même affirmé que le feu rouge du passage à niveau et la sonnerie d'alarme ne fonctionnaient pas au moment où elle est passée.

Sa version contredit les premières "constatations matérielles" dont avait fait état le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux, qui allaient "plutôt dans le sens d'une barrière fermée", tout comme les témoignages du conducteur du TER et des chauffeurs des véhicules qui se trouvaient de l'autre côté de la voie.

De son côté la SNCF avait déjà affirmé, réagissant aux affirmations de la conductrice, que "selon des témoins, le passage à niveau a fonctionné normalement" au moment de l'accident.

Sur la chaîne d'information en continu BFMTV, Me Collard a également précisé samedi que le TER avait neuf minutes de retard au moment de la collision: "La conductrice a peut-être été surprise de voir la barrière fermée, ce qui peut peut-être expliquer l'accident", a-t-elle ajouté.

 
170 commentaires - Drame de Millas: "selon la SNCF, tout fonctionnait parfaitement"
  • Il n'y a que 2 responsables possibles :
    -La conductrice du bus en passant au feu rouge et en cassant la barrière avec peut être quelques circonstances atténuantes de responsabilité à évaluer...
    -La SNCF où "Tout fonctionnait parfaitement"... Sans circonstances atténuantes...

  • Deux choses:
    1) si l'argument des 9 minutes paraît peu pertinent ( d'abord parce que quel que soit l'horaire, le fonctionnement du passage est déclenché par le train lui même, ensuite parce que les aléas de la circulation laissent une bonne marge d'incertitude pour chacun des véhicules), il serait peut-être quand même bon de savoir si la conductrice avait déjà eu à faire avec le passage fermé. Vu les caractéristiques du bus et la hauteur des barrières, il semblerait qu'à moins de 1,5m celles ci sont invisibles au volant du car du fait de l'angle mort de façade, or en sortie de virage, la calandre de celui-ci en est à presque les toucher.

    2) Si la conductrice s'est arrêtée à l'intersection du chemin du Ralet et de la route de Thuir, un calcul cinématique un peu compliqué mais très classique montre qu'il lui faut à peu près 16 secondes pour se trouver à 12 km/h au point d'impact. Ce temps correspond au temps minimal de fermeture des barrières suivie de l'arrivée du train et rend l'hypothèse d'une fermeture pendant qu'elle négocie son virage assez plausible. Reste bien sûr le problème du fonctionnement de la signalisation...

  • je partage totalement les propos de National plein de bon sens
    Par ailleurs pourquoi ne pas rendre obligatoire un arrêt (Stop) avant de franchir un PN (que les barrières soient levées ou baissées) je passe jamais un PN sans marquer un arrêt, afin de vérifier une présence éventuelle de train

  • effectivement, les barrières étant synchro pourquoi l'une d'elle est levée ?

  • Même un train en retard n'a aucune incidence sur les barrières puisque le signal est déclenché au passage de la locomotive sur le "crocodile" situé à une certaine distance du passage à niveau selon la vitesse du train. Comment une conductrice de car scolaire prendrait le risque de franchir une barrière soi-disant baissée. Maître Collard voudrait-elle faire porter la responsabilité à l'entreprise de transport plutôt qu'à la SNCF qui appartient à l'état.

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]