Drame de Millas : la question de la barrière toujours pas tranchée

Drame de Millas : la question de la barrière toujours pas tranchée

Millas, le 19 décembre 2017, lors de la reconstitution de l'accident du 14 décembre.

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Orange avec AFP, publié le samedi 13 janvier 2018 à 09h27

Si les premiers éléments de l'enquête consultés par Le Parisien semblent accuser la conductrice du car scolaire du terrible accident survenu en décembre, cette dernière soutient toujours que la barrière était bel et bien ouverte.

Le 14 décembre, six collégiens ont été tués après la collision entre leur car scolaire et un TER au passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales). Un mois après le drame, le doute persiste : les barrières de sécurité étaient-elles ouvertes ou fermées ? 

Les premiers éléments de l'enquête dont Le Parisien a pris connaissance "semblent faire pencher la balance en faveur de la seconde hypothèse, celle d'une terrifiante étourderie de la conductrice", écrit le quotidien samedi 13 janvier. Fin décembre, un rapport interne de la SNCF affirmait également que "les barrières étaient baissées, elles fonctionnaient, le feu fonctionnait, le signal sonore fonctionnait'".

"Je n'ai pas vu de train"

Pourtant, la conductrice du car scolaire, mise en examen le 20 décembre pour "homicides et blessures involontaires par imprudence" et placée sous contrôle judiciaire, avec notamment l'interdiction de conduire, a toujours assuré avoir vu les barrières du passage à niveau levées, le 14 décembre. Elle avait même affirmé que le feu rouge du passage à niveau et la sonnerie d'alarme ne fonctionnaient pas au moment où elle est passée.

"Je vérifie qu'il n'y a pas de feu clignotant. Les barrières sont normalement levées et il n'y a pas de voiture. Il y a un premier bus devant moi", explique-t-elle lors de son premier placement en garde à vue le 15 décembre, alors qu'elle est encore hospitalisée. "Je tourne. J'engage la première (...) Là il faut aller doucement. Une fois le porte-à-faux bien dans l'axe, je ne risque pas de monter sur le terre-plein ou sur le panneau de signalisation et je réaccélère. Après ça il n'y a plus rien, plus de souvenir (...) On m'a dit que le bus s'était fait couper en deux par un train. Je n'avais pas vu de train, je ne comprenais pas."

Témoignages contradictoires

Pourtant, plusieurs témoignages viennent contredire ses affirmations. Certains assurent que son car ouvrent le cortège des trois véhicules qui ont quitté le collège par le même trajet cet après-midi-là, alors que la conductrice de 47 ans affirmait qu'il y avait un bus devant elle. "Je n'ai plus de souvenir, explique-t-elle le 20 décembre lorsqu'elle est à nouveau placée en garde à vue et que les gendarmes lui en font la remarque. (...) Je ne sais pas si j'ai un bus devant moi."

"Ce que je peux vous dire, c'est que ce jour-là il n'y avait rien, ni voyant ni barrière", affirme une nouvelle fois la conductrice aux enquêteurs le 20 décembre. "Je n'ai pas senti d'impact. Je n'ai pas senti que je pliais la barrière", martèle-t-elle. 

Là encore, d'autres témoins contredisent sa version. "Je suis formel, confie notamment le passager d'un véhicule qui se trouvait de l'autre côté de la barrière lors de son audition. Le bus, conduit par une femme, a forcé le passage à niveau alors qu'il était fermé et que le signal lumineux clignotant rouge était actif de notre côté. La barrière était fermée en position basse des deux côtés. La conductrice du car roulait à très faible allure et a poussé tout doucement la barrière". 

Les deux conducteurs du TER sont eux "unanimes sur le fait qu'ils ont nettement vu le car pousser la barrière, la franchir et avancer sur la voie ferrée", relèvent les enquêteurs. En revanche, ils sont nettement plus sceptiques en ce qui concerne les témoignages de deux automobilistes qui assurent s'être trouvés de l'autre côté du chemin de fer et déclarent que "les barrières étaient levées". Il y aurait de nombreuses incohérences.

Quant aux premiers témoignages des rescapés du bus, ils "ajoutent encore à la complexité du dossier", écrit Le Parisien. En effet, sur les douze premières auditions, six élèves expliquent n'avoir rien vu, trois affirment que la barrière était levée, deux ont vu la barrière se baisser et le car la casser. Le dernier dit, lui, qu'elle s'est baissée sur le véhicule avant de se relever.

"Brouillage" de la scène de l'accident

"Les témoignages ne seront pas déterminants, assure néanmoins Me Jean Codognès, l'avocat de la conductrice. On en trouvera toujours certains pour dire que la barrière était levée et d'autres pour dire l'inverse. Ce sont donc les expertises techniques qui fourniront la clé de l'énigme."

L'avocat s'en prend au premier rapport rédigé par les gendarmes employés par la SNCF. "Comment peuvent-ils affirmer quelques jours seulement après l'accident que tout fonctionnait alors que les pièces étaient censées se trouver sous scellés ?",  s'indigne-t-il. Il dénonce un "brouillage" de la scène de l'accident.

 
462 commentaires - Drame de Millas : la question de la barrière toujours pas tranchée
  • Mais enfin, où est la difficulté pour déterminer si cette barrière était ouverte ou fermée ? ? ?
    Déjà, le 30/12/2017 à 12h50, j'écrivais ce qui suit :

    30 décembre, 12:50
    Barrière relevée ou abaissée ?
    Si elle était abaissée, il est évident qu'elle doit maintenant être dans un triste état, arrachée ou, pour le moins, tordue<.
    Si elle était relevée au passage de car, elle doit être intacte, bien droite, à la verticale.

    Mais, où est le problème pour répondre à cette question ?

  • Plusieurs de mes réactions sont refusées,je ne vois pas pourquoi,elles ne sont pas pire que certaines!!!!!

  • Présomption d'innocence !

    Il me semble que c'est la base de notre droit ... une base que nos média accordent aux meurtriers avérés .... bizarrement les gens normaux n'ont pas le droit à ce principe élémentaire.

    Deuxième point : comment des éléments d'enquête peuvent se retrouver dans les mains des journalistes ? Les victimes n'y ont pas accès sans se constituer partie civile, mais cela circule librement dans les rédactions ? Bizarre !!!!

  • Je pense surtout aux personnes qui ont signé la pétitions et qui ce rendent compte que l affaire est aussi claire que cela .Je pense que malheureusement il y a eu une erreur comme dans tout les accidents .

  • si le chauffeur avait ét(é un homme personne ne se serait posé tant de questions! les féministes empoisonnent tout!

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