Doubs : une femme retrouvée morte dans le coffre d'une voiture, un féminicide "très probable"

Doubs : une femme retrouvée morte dans le coffre d'une voiture, un féminicide "très probable"©Sameer Al-DOUMY / AFP

publié le dimanche 25 juillet 2021 à 16h31

Le suspect de 39 ans, blessé au thorax par le tir d'un gendarme, a confié à un pompier qu'il avait "tabassé" sa conjointe car elle l'avait "trompé", a poursuivi le procureur.

Vendredi 23 juillet, à Guillon-les-Bains, un village près de Besançon (Doubs), le cadavre d'une femme a été retrouvé dans le coffre de sa voiture, où son compagnon a été abattu par les gendarmes après s'être montré ultra-violent. Il avait en effet agressé et menacé plusieurs personnes, selon le parquet de Besançon.

D'après le procureur de la République de Besançon, la victime a "très probablement" été tuée par son compagnon.



Agée de 54 ans et mère de deux filles majeures, elle présentait des "coups multiples" au niveau de la tête qui était "violacée", a indiqué à l'AFP Etienne Manteaux. Selon les premiers éléments, elle a été victime d'un "traumatisme crânien". La voiture dans laquelle le corps a été retrouvé est visiblement endommagée et stationnée au bord d'une route sur les hauteurs du village.

Son compagnon, 39 ans, blessé au thorax par le tir d'un gendarme, a confié à un pompier avant de s'écrouler qu'il avait "tabassé" sa conjointe car elle l'avait "trompé", a poursuivi le procureur.

Le véhicule, une Twingo, présentait deux impacts au niveau du pare-brise avant et un phare arrière brisé. Le pare-brise arrière était complètement absent, selon la même source.

Un pompier frappé

L'enquête, confiée à la brigade des recherches et à la section des recherches de Besançon, doit encore lever des zones d'ombre mais "nous sommes très probablement en face d'un féminicide", a-t-il ajouté.

L'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a par ailleurs été saisie. La garde à vue du gendarme auteur du tir a été levée, selon Etienne Manteaux, qui évoque de premiers "éléments concordants" permettant d'envisager un tir "de légitime défense", le forcené ayant déployé une grande violence face aux forces de l'ordre.

Les militaires avaient été appelés pour maîtriser son conjoint qui, extrêmement excité, semait notamment la panique dans une fête du village, en contrebas.

Alertés par une personne frappée au visage avec une pierre, les pompiers ont aussi fait les frais de sa "rage" : il a frappé l'un d'eux et poursuivi en courant les soldats du feu qui rebroussaient chemin dans leur camion, selon Etienne Manteaux.

Le suspect est décédé à l'hôpital

Lors de la fête, les villageois munis "de pelles" et de "balais" ont réussi à le mettre en fuite, a précise le procureur.

Sur les hauteurs du village, il a voulu s'emparer d'un camion de pompiers, avant de partir dans la forêt, dans la nuit noire, et d'en revenir armé de pierres. C'est là, après les sommations d'usage, qu'un gendarme lui a tiré dessus "à une reprise", sans savoir s'il l'avait touché en raison de l'obscurité, selon Etienne Manteaux.

Le forcené a encore tenté de prendre un véhicule de gendarmerie, avant qu'une élève-gendarme n'utilise son taser pour l'arrêter. Enfin maîtrisé, il a confié à un pompier le meurtre de sa conjointe.

Hospitalisé, il est décédé quelques heures plus tard à l'hôpital.

Deux mentions au casier du suspect

Le parquet de Besançon n'avait reçu aucun signalement pour violences conjugales concernant ce couple, domicilié dans les environs. Toutefois, l'une des filles de la victime dit avoir déjà assisté à une "scène de violence" du conjoint sur la quinquagénaire, selon le procureur.

Le suspect, chaudronnier de profession, avait deux mentions à son casier, pour vol et conduite en état alcoolique, avait indiqué samedi le parquet de Besançon.

Le couple s'était semble-t-il formé y a "quelques mois" mais ils se connaissaient depuis plus longtemps, a expliqué Etienne Manteaux.

Les autopsies des deux corps auront lieu en début de semaine.

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