Double meurtre dans les Cévennes : le suspect "avait peur" et "n'exprime pas de regrets"

Double meurtre dans les Cévennes : le suspect "avait peur" et "n'exprime pas de regrets"©Panoramic (image d'illustration)

publié le dimanche 16 mai 2021 à 11h50

L'homme suspecté d'avoir tué deux personnes dans une scierie des Plantiers (Gard) s'est rendu vendredi 14 mai, après plusieurs jours de traque. Au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue dimanche, le procureur de la République de Nîmes a révélé que l'individu, qui "avait peur" d'autres habitants du village, avait reconnu les faits. 

Après le temps de la reddition est venu celui des questions.

Vendredi 14 mai, après trois jours de traque, Valentin Marcone s'est rendu aux gendarmes. L'homme de 29 ans, suspecté d'avoir tué deux personnes dans une scierie des Plantiers (Gard), mardi 11 mai, s'était réfugié dans une épaisse forêt des Cévennes. "Il a avoué son double crime", a révélé Éric Maurel, le procureur de la République de Nîmes, au cours d'un point presse qui s'est tenu ce dimanche matin.



"Les éléments qui permettent de retenir l'idée d'une préméditation sont multiples", a ajouté le procureur, qui a notamment précisé que Valentin Marcone était venu sur son lieu de travail "avec une arme approvisionnée". "Le matin du drame, l'intéressé aurait eu une altercation avec son employeur et un collègue au sujet de ses conditions de travail et du paiement d'heures supplémentaires", a ajouté Éric Maurel. Le ton serait monté et le suspect aurait alors saisi son arme et ouvert le feu, "à au moins trois, voire quatre reprises, sur les deux victimes".

"Un jeune homme calme" 

Ce point presse a aussi permis de livrer des éclaircissements au sujet du profil du tueur présumé, qui n'a rien de "paranoïaque", selon le procureur. "Au sens commun du terme, c'est quelqu'un qui avait peur, qui ressentait de la peur vis-à-vis de certaines personnes du village, avec lesquelles il était en conflit, a-t-il précisé. C'est cette peur qui l'avait conduit à porter un gilet pare-balles à son travail depuis trois ans. C'est aussi dans cet état d'esprit qu'il a mis un système de vidéoprotection autour de son domicile." 

Les enquêteurs ont trouvé face à eux "un jeune homme calme, qui s'exprime de manière cohérente. Ses auditions ont permis de faire avancer les investigations." Bertrand Michel, le commandant de la Section de recherches de Nîmes, a en outre révélé que le suspect "n'exprime pas de regrets". Celui-ci aurait également pensé au suicide, mais "sans avoir eu le courage de passer à l'acte"

Vos réactions doivent respecter nos CGU.