Double meurtre dans le Gard : les recherches pour retrouver le fugitif des Cévennes sont "périlleuses"

Double meurtre dans le Gard : les recherches pour retrouver le fugitif des Cévennes sont "périlleuses"©Sylvain THOMAS / AFP

publié le jeudi 13 mai 2021 à 08h00

Pour la nuit de mercredi 12 à ce jeudi 13 mai, 300 gendarmes ont été mobilisés, appuyés notamment du GIGN, pour retrouver le suspect.

La traque pour retrouver le fugitif des Cévennes se poursuit. Le procureur de Nîmes l'a appelé mercredi 12 mai à "revenir à la raison" et se rendre, après 36 heures de traque.

Le jeune homme de 29 ans, lourdement armé, a disparu dans la forêt après avoir tué son patron et un collègue.


Sur Franceinfo, le général Philippe Ott, commandant en second de la région Paca et de la zone Sud, a expliqué que "les recherches sont extrêmement pénibles, voire périlleuses".

Un important dispositif a été mis en place afin de retrouver le suspect : pour la nuit de mercredi 12 à ce jeudi 13 mai, 300 gendarmes ont été mobilisés, appuyés du GIGN, d'équipes cynophiles et notamment de chiens de race Saint-Hubert, dont les capacités olfactives de pistage sont supérieures à celles des autres races, pour passer au peigne fin une zone de 15 km2 délimitée par les forces de l'ordre autour du village où les habitants sont sommés de limiter au maximum leurs sorties.

"Les moyens ne sont pas sur-calibrés, croyez-moi, puisque par rapport à l'immensité des zones de recherche et surtout à leur complexité, il faut au moins cela", a précisé le général Philippe Ott, toujours sur Franceinfo mercredi soir.

"Cet individu, je dois le souligner, connaît parfaitement cette zone qui a la particularité d'être très difficile d'accès, très escarpée. Nous sommes obligés de limiter les recherches terrestres la nuit parce que le terrain est très dangereux", a-t-il déploré.

Un profil inquiétant

Le suspect, au profil complexe, est adepte de la chasse et du tir sportif, il aurait aimé être tireur d'élite dans l'armée. Il a au moins deux armes avec lui, "une arme de poing et une arme longue dont les caractéristiques laissent envisager une dangerosité toute particulière" avec une portée potentielle de 300 mètres, a ajouté le procureur.

Le jeune homme âgé de 29 ans est "déterminé" et "connaît parfaitement"  le terrain, a ajouté le colonel de gendarmerie Laurent Hass, reconnaissant qu'"il a cet avantage sur nous".

"Le compartiment de terrain sur lequel nous agissons est très vaste", des montagnes, des "couverts forestiers denses" avec de nombreuses grottes, a ajouté le colonel.

Equipé comme un chasseur

Mardi matin, vers 8h00, le jeune homme est arrivé à la scierie du village spécialisée dans le bois de châtaignier où il était employé depuis un an environ et où il était visiblement en conflit pour des problèmes d'horaires de travail. Il ne dit pas bonjour à son patron qui le lui fait remarquer, selon les éléments fournis par les procureurs d'Alès et de Nîmes - ce dernier a repris l'enquête ouverte pour "assassinats".

Il a alors tiré dans la tête de son patron, mort sur le coup, puis dans la tête d'un collègue qui s'était interposé. Un deuxième collègue a assisté à la scène et pu donner l'alerte aux secours.

Entre-temps, le tireur est revenu chez lui. Il y a récupéré une 2e arme et s'est équipé comme un chasseur pour "résister au froid et aux intempéries", a rapporté Eric Maurel.

Lors des perquisitions à son domicile, une douzaine d'armes ont été retrouvées et 3.300 munitions de tous calibres.

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