Disparition de Maëlys : Nordahl Lelandais a avoué avoir tué la fillette "involontairement"

Disparition de Maëlys : Nordahl Lelandais a avoué avoir tué la fillette "involontairement"
Des gendarmes accompagnent Nordahl Lelandais, mercredi 14 février à Domessin (Savoie).

Orange avec AFP, publié le mercredi 14 février 2018 à 21h20

Presque 6 mois après la disparition de la fillette de 9 ans, le principal suspect reconnaît l'avoir tuée le soir de sa disparition, "involontairement", selon lui, a révélé le procureur de la République de Grenoble mercredi soir durant une conférence de presse. L'ancien militaire refuse pour l'heure de préciser les circonstances de la mort de l'enfant.

Il a conduit les enquêteurs sur les lieux où il avait dissimulé le corps, dans un endroit "extrêmement reculé" du massif de la Chartreuse, entre l'Isère et la Savoie.

Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, tenait mercredi 14 février une conférence de presse très attendue sur la disparition de Maëlys, dans la nuit du 26 au 27 août durant un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère). Nordahl Lelandais, 34 ans, mis en examen pour le meurtre de l'enfant, a avoué mercredi être à l'origine de sa mort. Le magistrat, qui a commencé son point en s'adressant aux parents de la petite victime, a déclaré : "Maëlys est morte, elle a été tuée par Nordahl Lelandais".



"Ce soir, nous avons découvert les restes de l'enfant", a indiqué Jean-Yves Coquillat. Un épilogue qui clôt une journée de recherches éprouvantes pour les enquêteurs. Informé mardi que les gendarmes avaient découvert du sang de l'enfant dans sa voiture, le suspect, qui niait jusqu'alors toute implication, a demandé à rencontrer les juges d'instruction ce mercredi. Il les a ensuite conduits sur les lieux où il avait dissimulé le corps de Maëlys.

Nordahl Lelandais est retourné au mariage après avoir tué Maëlys

Récemment, "les juges d'instruction ont fait désosser le véhicule de Nordahl Lelandais", a expliqué le magistrat. Les gendarmes ont découvert, à l'arrière, sous les tapis de sol, une tache de sang. "Il s'agissait bien du sang de Maëlys", a-t-il précisé. Le suspect devait être réentendu par les juges la semaine prochaine mais, son avocat ayant eu accès à cette expertise, il est allé rendre visite à son client mardi. Ce dernier a alors demandé aux juges d'instruction "de l'entendre aujourd'hui (mercredi) car il avait des révélations à faire et il voulait conduire la justice à l'endroit où il avait déposé le corps de Maëlys", a expliqué le procureur.

L'ancien maître-chien "a indiqué qu'il avait tué Maëlys 'involontairement', c'est son terme, et qu'il s'était débarrassé du corps", a poursuivi le magistrat. "Il a d'ailleurs présenté ses excuses aux parents de Maëlys et aux juges". Il l'a ensuite déposée "dans un endroit à proximité de sa maison" de Domessin (Savoie). Puis il est retourné au mariage, avant de déposer le corps "dans un lieu montagneux,
dans le massif de la Chartreuse", a poursuivi le procureur. Il s'agit d'un "endroit extrêmement reculé", "où il y avait de la forêt et un petit ravin". "Les recherches ont été rendues très difficiles par la neige tombée cette nuit", a précisé Jean-Yves Coquillat. Finalement, ce sont les chiens des gendarmes qui "ont permis de découvrir un crâne d'enfant et un ossement".

Des indices accablants

Plusieurs indices accablaient depuis près de six mois l'ancien militaire. Une trace de l'ADN de Maëlys avait déjà été retrouvée dans son véhicule. En outre, des images de caméra de surveillance filmées la nuit de la disparition de Maëlys montraient une voiture identifiée par le parquet comme celle de M. Lelandais, avec à son bord "une silhouette frêle dans une robe de couleur blanche", comme celle que la petite fille portait ce soir-là. Ses parents "ont reconnu des éléments de la robe et notamment la bretelle", selon leur avocat Me Fabien Rajon. La défense, de son côté, contestait jusqu'ici la chronologie des faits reprochés au suspect, inculpé pour le meurtre de Maëlys le 30 novembre à l'issue de huit heures d'interrogatoire.

Sur les conseils de son avocat Alain Jakubowicz, l'ancien militaire a décidé d'avouer après la découverte de la trace de sang. À sa demande, il a été entendu tôt mercredi matin par les juges d'instruction et a été conduit dans les très escarpées gorges de Chailles, près du village de Saint-Franc (Savoie) où il a admis s'être débarrassé de la dépouille de l'enfant. Devant les juges d'instruction, il "était totalement anéanti, en pleurs, et a tout de suite souhaité parler de Maëlys à ses parents", a expliqué à la presse Me Jakubowicz. Tout en affirmant que la mort de la fillette était "accidentelle".

"Naturellement, l'instruction va se poursuivre", a relevé Jean-Yves Coquillat. Nordahl Lelandais "sera réentendu prochainement sur les faits et sur la manière dont la mort a été donnée puisque nous n'avons pas la réponse pour l'instant". D'importants moyens ont été déployés toute la journée sur le terrain. Des chiens spécialisés dans la recherche de corps, un laboratoire mobile et une vingtaine d'experts de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) étaient sur place afin d'identifier au plus vite les résultats des fouilles.

Les parents de Maëlys préfèrent garder le silence

L'avocat des époux Araujo, parents de Maëlys, a simplement déclaré à BFMTV que ses clients ne souhaitaient pas s'exprimer à ce stade. "Avec mes clients, parents de la jeune Maëlys, nous gardons le silence par respect et dignité après cette terrible nouvelle", a confié Me Fabien Rajon.

Nordahl Lelandais est également mis en examen, depuis le 20 décembre, pour l'assassinat du caporal Arthur Noyer. Le jeune militaire de 23 ans avait disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, après une soirée dans une boîte de nuit de Chambéry (Savoie). Des fragments de son crâne puis des ossements ont été découverts en décembre et janvier en Savoie.

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