Disparition d'Estelle Mouzin: une septième campagne de fouilles a débuté dans les Ardennes

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Nouvelles fouilles dans un bois d'Issancourt-et-Rumel pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin, le 30 août 2021 dans les Ardennes
Nouvelles fouilles dans un bois d'Issancourt-et-Rumel pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin, le 30 août 2021 dans les Ardennes
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© AFP, FRANCOIS NASCIMBENI

publié le lundi 30 août 2021 à 19h48

Une septième campagne de fouilles a commencé lundi dans un bois d'Issancourt-et-Rumel, dans les Ardennes, pour rechercher le corps d'Estelle Mouzin, victime présumée en 2003 du tueur en série Michel Fourniret, la famille gardant "bon espoir".

Les recherches sont menées sur une parcelle jouxtant une zone déjà fouillée en juin, mais sur un terrain "presque deux fois et demie" plus grand, soit "quatre ou cinq hectares", "suivant les indications qui ont été données par l'ex-épouse du tueur Monique Olivier à la juge d'instruction, et l'étude qu'ont pu faire les gendarmes du terrain", a expliqué à l'AFP l'un des avocats de la famille d'Estelle, Me Didier Seban, quittant les lieux en fin de journée, un peu avant 19H00.

Selon lui, Monique Olivier sera présente mardi. Le 1er avril, elle avait pour la première fois reconnu un rôle dans la séquestration d'Estelle, enlevée à neuf ans, le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Elle avait précisé avoir accompagné Michel Fourniret au bord du bois d'Issancourt-et-Rumel pour le laisser aller enfouir le corps de la fillette.

Lundi, comme les fois précédentes, les recherches sont restées infructueuses.


La zone des fouilles a été déterminée en tenant compte des indications de Monique Olivier "sur le temps qu'elle a attendu Michel Fourniret" à proximité du terrain, a précisé l'avocat. "Tout cela a été minuté pour pouvoir aller jusqu'à l'endroit maximum" ou le tueur en série aurait pu enterrer le corps.

Ce lundi, une "petite zone" a été explorée, mais "c'était beaucoup une préparation du terrain", et "c'est à partir de mardi qu'on ira creuser de manière plus approfondie", a dit Me Seban.

Le premier fourgon de la gendarmerie de l'identification criminelle était arrivé sur place en fin de matinée, vers 11H00, suivi vers 15H00 des avocats de la famille d'Estelle Mouzin, Didier Seban et Corinne Herrmann, selon des journalistes de l'AFP, tenus à l'écart à plusieurs centaines de mètres. 

- "Donner une sépulture" à Estelle -

La parcelle avait auparavant été largement déboisée. Comme lors des fouilles de juin, la justice a fait couper les arbres, retirer les souches et observe "la couche d'humus en dessous, pour vérifier si des endroits peuvent paraître suspects", avant de décider de creuser ou non, a encore expliqué Me Didier Seban. 

Depuis la mort de son ex-époux en mai, Monique Olivier "continue à contribuer à l'enquête à sa manière". Et alors qu'elle a "réitéré à de très nombreuses reprises ses aveux (...) on voit mal pourquoi elle viendrait raconter n'importe quoi sur le lieu où est enterré le corps", a estimé Me Seban.

Le père d'Estelle Mouzin a donc toujours "l'espoir qu'on retrouve le corps d'Estelle pour lui donner une sépulture, (et) la satisfaction que la justice mette les moyens sur cette enquête après avoir tant failli", a-t-il conclu.

Le village d'Issancourt-et-Rumel se situe à quelque 4 km de Ville-sur-Lumes, où, toujours selon Monique Olivier, Michel Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle, dans une maison appartenant à sa sœur. L'ADN partiel d'Estelle Mouzin a été retrouvé à deux endroits sur un matelas saisi en 2003 dans cette maison.

Condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, Michel Fourniret avait fini par avouer en mars 2020 sa responsabilité dans la disparition d'Estelle Mouzin. Il est mort à 79 ans à Paris le 10 mai.

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