Disparition d'Estelle Mouzin: Monique Olivier guide les enquêteur sur les fouilles

Disparition d'Estelle Mouzin: Monique Olivier guide les enquêteur sur les fouilles
Les gendarmes français poursuivent la recherche du corps d'Estelle Mouzin, à Issancourt-et-Rumel le 26 avril 2021

publié le lundi 26 avril 2021 à 20h24

Monique Olivier avance sur un chemin, suivie des enquêteurs: à la reprise des fouilles lundi dans les Ardennes pour tenter de retrouver les restes d'Estelle Mouzin, dont Michel Fourniret a avoué le crime, l'ex-épouse du tueur en série a fait office de guide, ravivant l'espoir d'un dénouement.

Plus que jamais protagoniste-clé de cette affaire, elle a confirmé, selon son avocat Richard Delgenes, que "pour elle" et "à quasiment 100%", le chemin autour duquel se sont activés lundi les enquêteurs dans un bois communal du village d'Issancourt-et-Rumel "était bien" celui emprunté par Michel Fourniret pour faire disparaître le corps de sa victime de neuf ans.

Sous la conduite de la juge d'instruction Sabine Kheris, auprès de laquelle Mme Olivier avait reconnu pour la première fois le 1er avril un rôle dans la séquestration d'Estelle Mouzin, enlevée voici dix-huit ans sur le chemin de l'école à Guermantes (Seine-et-Marne), deux pelleteuses y ont retourné lentement la terre, suivies par un archéologue, et un drone a été actionné. 

L'avocat des parents d'Estelle, Me Seban, est lui aussi sur place, arpentant ce bout de terre d'1 à 2 ha.

- "Suffisamment d'optimisme" -

"On a des éléments qui permettent de penser, avec suffisamment d'optimisme, que le corps d'Estelle Mouzin serait à cet endroit-là", assure Me Delgenes. Sa cliente a également confirmé lundi son emploi du temps avec son ex-époux le jour de l'éventuel enterrement de la fillette: "elle l'aurait récupéré dans l'après-midi. Ils seraient repartis ensemble pour aller chercher le corps d'Estelle Mouzin et l'enterrer".

"Il faut peut-être un tout petit peu de chance" parce que "le terrain est quand même immense, et on n'a pas de détails précis sur l'endroit où aurait été enterrée Estelle (...) C'est du pas à pas", a souligné en fin de journée Me Seban. Il est en outre "compliqué d'interroger Monique Oliver parce qu'à la fois c'est une personne âgée maintenant, et par ailleurs elle répond lentement. Elle se pose toujours la question des conséquences de ce qu'elle dit", a-t-il relevé, reconnaissant néanmoins qu'elle contribuait "à sa manière (...) à faire avancer l'enquête".

Les enquêteurs avaient déjà commencé à fouiller le secteur début avril, sur les indications de Monique Olivier, avant de le déboiser jusqu'à la semaine passée pour faciliter les recherches. Sur place, la gendarmerie a bloqué en début de matinée lundi l'accès à ce pan de forêt, à la sortie de cette commune de 400 habitants. 

Ce site est à 4 km de Ville-sur-Lumes, où, selon Monique Olivier, Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle, dans une maison de sa sœur.

Une précédente opération, inscrite dans une série de fouilles entamée en juin dernier, s'était auparavant concentrée sur une zone marécageuse, de l'autre côté du village. 

"On a un chemin, reste à déterminer l'endroit exact", a résumé Me Delgenes. 

Michel Fourniret avait fini par avouer en mars 2020 sa responsabilité dans cette affaire, où il a ensuite été mis en examen.

- Prudence du père d'Estelle -

Dans une interview le 18 avril au Journal du Dimanche, le père d'Estelle Mouzin s'est cependant montré prudent face à ces nouvelles recherches, qui se sont aussi heurtées jusque là à la mémoire chancelante et à la santé fragile de Michel Fourniret, hospitalisé à 78 ans depuis novembre. 

Avec Monique Olivier, ils "continuent leur travail de perversion en donnant des informations erronées, volontairement ou en raison de leur état de santé", a-t-il estimé. 

Des vérifications vont aussi avoir lieu sur les indications d'un retraité habitant à proximité immédiate du secteur des fouilles qui a vu "une dépression (...) très proche du périmètre des fouilles retenu", selon une source proche du dossier, confirmant une information de LCI et de L'Ardennais. 

Ce retraité, Daniel Delogne, a expliqué avoir remarqué dans une "sapinière" un endroit "affaissé" d'environ "1,20 sur 1,30 m". "Je me suis mis à la place de Fourniret" cherchant à dissimuler au mieux le corps, a raconté cet homme, qui à l'emplacement aux gendarmes. 

Mais "jusqu'à preuve du contraire, c'est Monique Olivier qui est sur les lieux et c'est ses indications qui sont à prendre au sérieux et pas le reste", a tempéré Me Delgenes.

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