Disparition d'Estelle Mouzin: les fouilles reprennent dans les Ardennes, avec Monique Olivier

Disparition d'Estelle Mouzin: les fouilles reprennent dans les Ardennes, avec Monique Olivier
Les gendarmes français poursuivent la recherche du corps d'Estelle Mouzin, à Issancourt-et-Rumel le 26 avril 2021

publié le lundi 26 avril 2021 à 15h42

Les fouilles  ont repris lundi dans les Ardennes pour tenter de retrouver le corps d'Estelle Mouzin, disparue à neuf ans en 2003, en présence de Monique Olivier, l'ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret qui a avoué avoir tué la fillette. 

Sur place, la gendarmerie a bloqué en début de matinée l'accès à un pan de forêt, à la sortie de la commune d'Issancourt-et-Rumel. Deux pelleteuses y étaient positionnées, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La zone a été désignée par Monique Olivier, qui a affirmé y avoir accompagné Michel Fourniret, avant de le laisser aller enfouir le corps de la fillette de 9 ans.

Avant de s'interrompre pour la déboiser, les gendarmes avaient déjà commencé à fouiller le secteur début avril, sur ses indications. 

Une précédente opération de recherches, inscrite dans une série de fouilles entamée en juin dernier, s'était auparavant concentrée sur une zone marécageuse, de l'autre côté du village. 

L'ancienne complice de l'"Ogre des Ardennes" a reconnu pour la première fois le 1er avril un rôle dans la séquestration d'Estelle Mouzin, enlevée il y a dix-huit ans sur le chemin de l'école à Guermantes en Seine-et-Marne. Lors de cet interrogatoire, elle avait indiqué un chemin à l'entrée de la forêt où elle dit avoir accompagné Michel Fourniret.

"On a un chemin, reste à déterminer l'endroit exact", a déclaré devant la presse en début d'après-midi à Issancourt-et-Rumel son avocat, Me Richard Delgenes.

"Je vais voir avec elle si elle peut être plus précise sur la zone sur laquelle pourrait être Estelle Mouzin. Ensuite, elle répondra aux questions du juge d'instruction pour essayer d'affiner les recherches", a-t-il ajouté, précisant qu'il était "prévu" que sa cliente, arrivée ce lundi matin, "reste toute la semaine", en fonction de l'avancée des recherches. 

De source proche du dossier, confirmant une information de LCI et du journal L'Ardennais, les enquêteurs prennent en outre "au sérieux, mais comme tous les témoignages dans ce dossier", les indications d'un retraité habitant à proximité immédiate du secteur des fouilles qui a vu "une dépression (...) très proche du périmètre des fouilles retenu". Des "vérifications vont avoir lieu", a précisé cette source. 

Ce retraité, Daniel Delogne, 70 ans, est venu expliquer devant la presse avoir remarqué dans une "sapinière juste au-dessus" des lieux fouillés jusqu'alors un endroit "affaissé" d'environ "1,20 sur 1,30 m" autour duquel "des ronces ont poussé". "Je me suis mis à la place de Fourniret" cherchant un endroit où enterrer le corps, a raconté cet homme, qui été entendu par les gendarmes et leur montré cet emplacement "à 100 m" de chez lui.

Michel Fourniret avait fini par avouer en mars 2020 sa responsabilité dans cette affaire. Il a ensuite été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivis de mort".

Dans une interview le 18 avril au Journal du Dimanche, le père d'Estelle Mouzin s'est montré prudent face à ces nouvelles recherches, qui se heurtent à la mémoire chancelante et à la santé fragile de Michel Fourniret, hospitalisé à 78 ans depuis novembre. 

Les fouilles "sont faites sur la base des déclarations des mis en examen (Michel Fourniret et Monique Olivier, ndlr), qui continuent leur travail de perversion en donnant des informations erronées, volontairement ou en raison de leur état de santé", a-t-il estimé. 

Issancourt-et-Rumel se situe à 4 km de Ville-sur-Lumes, où, selon Monique Olivier, son ex-époux a séquestré, violé et tué Estelle Mouzin, dans une maison appartenant à sa sœur.

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