Discrimination : SOS Racisme épingle les assurances, banques et mutuelles

Discrimination : SOS Racisme épingle les assurances, banques et mutuelles

Le parvis de La Défense, le 31 août 2017 (illustration)

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Orange avec AFP, publié le jeudi 23 novembre 2017 à 08h30

Dans une étude rendue publique jeudi 23 novembre, l'association SOS Racisme dévoile l'ampleur des discriminations en France liées à l'âge, au lieu de résidence, au sexe ou à l'origine ethnique.

Il n'y a pas qu'au travail que les discriminations se manifestent.

Souscrire une assurance, une mutuelle ou contracter un prêt peut aussi relever du parcours du combattant. SOS Racisme, en partenariat avec le CNRS, a mené une étude pour chiffrer le phénomène de discrimination que certains rencontrent au quotidien. En tout, près de 15.000 dossiers ont été envoyés à des banques, des assurances, des organismes de crédit à la consommation ou encore des entreprises de formation pour adultes. Le résultat est sans appel : "On ne s'attendait pas à trouver autant d'inégalités de traitement", commente Yannick L'Horty, l'un des auteurs de l'étude, révélée par France Info.



SIX CANDIDATS FICTIFS CRÉÉS POUR L'OCCASION

"Ça signifie globalement qu'il y a des pratiques commerciales qui s'éloignent du principe d'égalité de traitement des clients potentiels", poursuit Yannick L'Horty. Pour les besoins de cette étude, les chercheurs ont créé six profils : un homme de 22 ans présenté comme étant "d'origine française", une femme de 22 ans d'origine française, un homme de 22 ans "d'origine africaine", une femme de 22 ans d'origine africaine, un homme de 22 ans d'origine française résidant dans un quartier sensible et un homme de 42 ans d'origine française. Hormis ces différences d'âge, de lieu de vie ou de couleur de peau, les dossiers envoyés aux entreprises étaient parfaitement identiques.

Les chercheurs tirent enseignements suivants des réponses obtenues.

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Le profil présenté comme habitant dans "un quartier politique de la ville", donc un quartier populaire, a "significativement moins de chances d'obtenir une réponse positive de la part d'une compagnie d'assurance", constatent les scientifiques. Ce candidat n'a reçu que 78,9% de réponses positives, contre près de 87% pour les autres dossiers.

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En ce qui concerne les tarifs proposés, la discrimination la plus flagrante porte sur l'âge des clients. "L'individu de 42 ans se voit proposer un tarif de l'ordre de 50% plus élevé que les individus de 22 ans à niveau de garantie comparable", décrit l'étude. Concrètement, pour un bas niveau de garantie, le tarif annuel moyen demandé à un homme de 42 ans atteint 460 euros contre 290 euros pour un individu âgé de 22 ans. Pour être mieux remboursé en cas de soins, il devra payer 1 070 euros contre 682 euros pour un jeune de 22 ans, détaille France Info.

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Les candidats les plus jeunes obtiennent seulement 30 à 40% de réponses positives, tandis que le profil le plus âgé s'en sort avec un taux de 65% d'approbation.

En déplacement à Tourcoing le 14 novembre, Emmanuel Macron a mis l'accent sur la lutte contre les discriminations dans le monde de l'entreprise. Il faut "traquer les employeurs qui ne respectent pas ce qui est dans la loi qui interdit la discrimination à l'embauche comme à la promotion" et "pénaliser les entreprises qui ont recours à ces pratiques", avait-il déclaré.
 
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