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"Dictature stalinienne" : Gattaz s'attire les foudres de Mélenchon et du PS

"Dictature stalinienne" : Gattaz s'attire les foudres de Mélenchon et du PS
En visant la CGT, Pierre Gattaz a parlé de "minorités qui se comportent un peu comme (...) des terroristes".

, publié le lundi 30 mai 2016 à 18h15

Dans une interview publiée ce lundi par le journal "Le Monde", Pierre Gattaz compare l'action du syndicat du Livre-CGT à "une dictature stalinienne". Le syndicat avait empêché, jeudi, la parution des quotidiens ayant "refusé de publier un tract" de la centrale sur la loi travail.

Les déclarations du président du Medef ont suscité la colère de la CGT et ont été vivement condamnées par une partie du Parti socialiste et Jean-Luc Mélenchon.

Deux mois et demi après le début de la contestation du projet de loi Travail, le patron des patrons a exprimé le "ras-le-bol" des dirigeants d'entreprise et attaqué la CGT qui, selon lui, "dérive", "se radicalise", "se politise". Pierre Gattaz a appelé à "ne pas céder au chantage, aux violences, à l'intimidation, à la terreur", qu'il attribue à la CGT, à des "minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes". Il a également demandé "un retour à l'État de droit". "On ne peut pas laisser une minorité agissante, révolutionnaire, paralyser l'économie. C'est la capacité de la France à se réformer qui est en jeu. Pour moi, le sigle CGT est égal à chômage", assure-t-il encore.

"Quand le syndicat du livre-CGT empêche la parution de quotidiens au motif que ceux-ci ont refusé de publier le tract de monsieur Martinez, il me semble que l'on est dans une dictature stalinienne. C'est très grave". Il appelle à ne surtout "pas toucher à l'article 2" du projet de loi Travail, qui fait prévaloir les accords d'entreprises sur la convention collective, et apparaît aux yeux du Medef comme "la seule disposition intéressante qui subsiste après les réécritures successives du texte".

GATTAZ "PARASITE SOCIAL" POUR MÉLENCHON

La CGT a dénoncé des propos "indignes" : "Parler de 'terroristes', dans un pays qui a connu des vrais actes terroristes, ce sont des propos indignes et scandaleux du patron des patrons !", s'est emporté Éric Aubin, négociateur CGT pour l'assurance chômage, à son arrivée au siège du Medef. "On s'attend à ce qu'il refuse de négocier avec nous", a commenté le leader syndical avant le démarrage de la septième séance de négociation sur la convention d'assurance chômage, censée être l'avant-dernière. Pour la CGT, "c'est Pierre Gattaz qui mène le chantage" auprès du gouvernement sur la loi travail, en "disant qu'il pourrait être amené à quitter la table des négociations". "Tout est possible" à ce sujet, a expliqué Pierre Gattaz dans "Le Monde".



La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a elle expliqué qu'elle ne partageait "absolument pas les mots de Pierre Gattaz". "Ce qui est important, selon elle, c'est que cette réforme est bonne donc elle doit aller au bout du processus parlementaire". Quatre membres du conseil national du Parti socialiste (Mehdi Ouraoui, Charlotte Brun, Naima Charaï, Stéphane Delpeyrat) ont eux été plus critiques et ont demandé au gouvernement de "condamner fermement les propos inqualifiables de Pierre Gattaz". "Ces propos sont inacceptables dans le dialogue social comme dans notre République, a fortiori alors qu'elle a été durement éprouvée par des attentats ces derniers mois. Nous exigeons qu'il retire immédiatement ces propos indécents et présente ses excuses aux partenaires sociaux, ainsi qu'aux victimes du terrorisme et à leurs familles", ont-ils ajouté.

De son côté, le cofondateur du Parti de gauche et candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a vivement réagi sur son compte Twitter : "Pierre Gattaz n'a pas de leçons à donner à la CGT. On attend toujours son million d'emplois (...) #Gattaz, parasite social et usurpateur de la représentativité patronale, agresse la #CGT. Non à la dictature du #Medef ! (...) Gattaz, incendiaire social! Assez de mépris de classe".

"Un tel niveau d'injures et de calomnies n'est pas qu'une simple 'sortie de route' du président du Medef mais bel et bien une stratégie qui vise, dans un moment décisif, à ne plus parler du contenu d'un texte, rejeté par les salariés, le Parlement et l'opinion publique", a lui jugé le porte-parole du Parti communiste, Olivier Dartigolles. "Si Pierre Gattaz a basculé dans un registre de guerre civile, c'est qu'il voit bien que le 'compromis historique' signé avec Hollande et le gouvernement est contesté de partout, qu'il a provoqué d'immenses dégâts sociaux et économiques, qu'il est donc urgent d'allumer des contre-feux. Il choisit la terre brûlée, nous préférons semer une espérance par la mobilisation et la construction d'une alternative de gauche à la loi El Khomri", a-t-il ajouté.

Plusieurs députés PS dits "frondeurs" s'en sont également pris au président du Medef : "dangereuse escalade verbale de @PierreGattaz dans @lemondefr. Indigne d'une démocratie sociale. Pas de sortie de crise sans dialogue", a notamment twitté leur chef de file, Christian Paul.

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