"Dialogues citoyens" : qui seront les 4 Français face à Hollande ?

"Dialogues citoyens" : qui seront les 4 Français face à Hollande ?
François Hollande

, publié le jeudi 14 avril 2016 à 17h30

Une chef d'entreprise, une mère de jihadiste mort en Irak, un électeur du FN et un étudiant blogueur passionné de politique confronteront ce jeudi soir François Hollande dans "Dialogues citoyens".

À treize mois de l'élection présidentielle, François Hollande va tenter ce jeudi soir 14 avril sur France 2 une énième opération de reconquête de l'opinion. À 20h15, et pendant 90 minutes, le chef de l'État fera face à trois journalistes, David Pujadas, Léa Salamé et Karim Rissouli, et quatre Français.

Un exercice qui pourrait s'avérer périlleux alors que le président est au comble de l'impopularité, un sondage Elable pour BFMTV révélant que 87% des Français jugent négativement son bilan, et que 71% des Français n'ont déjà pas prévu de regarder (sondage Odoxa pour Le Parisien).

L'émission, délocalisée au musée de l'Homme, sera découpée en trois parties bien distinctes :  un quart d'heure pour répondre aux journalistes, une heure de dialogue avec des citoyens et un quart d'heure de conclusion pour évoquer la dernière année de son mandat. "Emploi, sécurité, cohésion nationale... Tous les sujets seront mis sur la table" assure David Pujadas.

- Quatre Français et une polémique -

Une polémique a accompagné le choix du panel de Français convié sur le plateau. Deux des témoins pressentis ont été écartés, dont Nadine Hourmant, charismatique déléguée Force Ouvrière du volailler Doux, qui a évoqué des "pressions de l'Elysée". Des assertions démenties par France Télévisions tout comme par la présidence mais qui agitent la rédaction de France 2.

Parmi les quatre Français censés exprimer les préoccupations de leurs compatriotes et les grandes problématiques du moment, se trouveront : une chef d'entreprise, la mère d'un jihadiste parti en Syrie, un étudiant en école de commerce et blogueur de gauche et un conducteur d'autocar, électeur du FN. Voici leur portrait. 

• Antoine Demeyer, de la gauche au FN

Comme beaucoup d'électeurs du Nord où il vit, Antoine Demeyer, 36 ans, a longtemps voté socialiste. Mais depuis 10 ans, c'est au Front national que ce chauffeur d'autocar donne sa voix explique France 2. Le journaliste Nicolas Iommi-Amunategui explique l'avoir repéré via un article de La Voix du Nord, à l'occasion des régionales 2015. Il estime qu'"il incarne bien cet électorat du FN, qui a après avoir essayé la droite et la gauche, pense que cette troisième voie doit être essayée."

Que ce soit pour le chômage sur une terre touchée par la désindustrialisation ou sur l'immigration avec la "jungle" de Calais dans la région, ce père de famille pense qu'il y a un coupable, l'Europe, et un complice, le président français. "J'ai l'impression qu'il prend les ordres des autres pays et qu'aujourd'hui, ce sont les autres pays qui décident pour nous. Ce que je voudrais lui faire comprendre, c'est qu'on est la France, on n'est pas un autre pays, on n'est pas l'Allemagne, Bruxelles, la Grèce ou les États-Unis", explique-t-il. 



• Véronique Roy et son combat contre la radicalisation

Âgée de 54 ans, Véronique Roy est la mère de Quentin, un jeune homme qui s'est radicalisé très rapidement. Parti en 2014 en Syrie, il est mort à l'âge de 23 ans au mois de janvier en Irak. C'est un SMS qui l'a averti : "L'État islamoqie se construit avec le sang des martyrs".

Depuis, elle ne cesse d'alerter sur les dangers de la radicalisation. Elle a participé à la campagne de lutte gouvernementale contre l'embrigadement islamiste. Elle a même menacé de porter plainte contre le maire de sa ville de Sevran, où la présence de "recruteurs de Daech" l'indigne, pour "non-assistance à personne en danger". Aujourd'hui, "elle attend des réponses de l'État, elle attend que l'État se bouge pour empêcher que les jeunes s'en aillent" explique la journaliste de France Télévisions qui l'a repérée.



• Marwen Belkaïd, symbole d'une jeunesse déçue

Participant de la première heure du mouvement de contestation "Nuit Debout", Marwen Belkaïd se revendique "de gauche". Blogueur invétéré, le rédacteur en chef Gilles Bornstein voit en lui "l'emblème de cette jeunesse déçue par François Hollande". "La 'Nuit Debout' n'est qu'un début", avertit l'étudiant en école de Commerce sur son blog La plume d'un enfant du siècle le 1er avril dernier, "que les Hollande, Valls, Macron et tous les dirigeants de tous bords l'entendent bien."

Le jeune homme 22 ans estime que le président n'a pas tenu ses promesses sur la jeunesse, qui était pourtant l'un des fers de lance de sa campagne. "En 2017, au mieux on vivra comme en 2012, au pire moins bien" déplore-t-il.

• Anne-Laure Constanza, la patronne de PME

Fondatrice d'Envie de fraise en 2006, la première boutique en ligne de vêtements pour femmes enceintes en France, Anne-Laure Contanza, 49 ans, est "très dynamique" et avec "beaucoup d'énergie" estime la journaliste qui l'a interviewée et a "plein de choses à demander" à François Hollande. "Elle aimerait que l'économie française marche comme elle, à 100 à l'heure" décrit le reportage à son sujet. À la tête d'une entreprise de 35 personnes, elle affirme "avoir l'impression l'impression de courir un marathon avec 10 kilos au pieds".

"Comment va créer plus d'emploi en France ? C'est ça la vraie question" juge celle qui a voté Nicolas Sarkozy en 2012 et qui veut libérer l'emploi, assurant "que le rêve des entrepreneurs, n'est pas de licencier, mais de recruter". "On a plein de choses pour réussir, maintenant qu'est-ce qu'on fait concrètement ?".

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