Deuxième tournée de garde à vue pour Jean-Vincent Placé

Deuxième tournée de garde à vue pour Jean-Vincent Placé

Jean-Vincent Placé en septembre 2015. Il était alors tout puissant sénateur de l'Essonne et l'une des têtes pensantes d'EELV.

leparisien.fr, publié le jeudi 05 avril 2018 à 22h15

Cliente d'un bar, vigiles puis policiers, l'ancien sénateur et ministre, en état d'ébriété, n'a épargné personne.

Il a passé sa deuxième nuit au commissariat du VIe arrondissement de Paris. Ce jeudi, Jean-Vincent Placé, ex-secrétaire d'Etat et ancien sénateur écologiste (EELV) de l'Essonne, aujourd'hui simple conseiller régional d'Ile-de-France et président de l'Union des démocrates et des écologistes (UDE), a vu sa garde à vue prolongée. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il avait passé la nuit au même commissariat mais en cellule de dégrisement.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, à 2 heures du matin, l'homme politique âgé de 50 ans a été interpellé dans un bar de nuit, contrôlé avec 1,16 g d'alcool, après avoir agressé une jeune femme, proféré des insultes racistes à l'encontre d'un vigile et des insultes aux policiers venus l'interpeller.

En virée « rue de la Soif »

La scène a eu lieu à « La Piscine » un établissement de nuit de Saint-Germain-des-Prés, dans une artère festive, bordée de bars et de pubs, la rue Princesse, baptisée aussi « la rue de la soif »...«Il est arrivé déjà saoul, précise une source policière et se comportant comme le roi du monde, s'est affalé au bar. »

Jean-Vincent Placé était avec un ami, Loïc Hervé, 37 ans, sénateur en Haute-Savoie. Le parlementaire qui, d'après les témoins de la soirée, est, lui, « resté respectueux » a été entendu ce jeudi au commissariat « comme témoin ».

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C'est le portier du bar qui a appelé la police au sujet d'un client « manquant de respect à une jeune femme ». Le client en question importunait Alizée, 18 ans, venue avec ses copines, la traitant de « sale p... », après lui avoir proposé, en vain, de la payer pour danser avec lui. Puis il l'a bousculé. C'est là que les employés du bar ont décidé d'intervenir. L'ancien sénateur est ensuite allé crescendo...

« Je vais te renvoyer en Afrique »Au vigile qui venait en aide à la jeune femme, l'ex sénateur, se présentant comme « ministre français » et « cherchant à intimider avec ses fonctions », déclare un témoin, aurait proféré des insultes racistes, lui lançant : « On n'est pas au Maghreb ici. Je vais te renvoyer en Afrique moi. Tu vas voir ! »

Enfin, les policiers de la BAC (brigade anti criminalité) débarquant sur la scène, l'ancienne étoile montante des écolos (EELV) aurait traité l'un d'eux de « toquard » et ajouté « Tu ne sais pas à qui tu parles ». Et alors qu'ils attendaient des renforts, il aurait lancé au brigadier : « Ils arrivent quand les connards ? ». Un triste florilège d'outrages en somme.

Jean-Vincent Placé devrait être poursuivi pour « outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique ». Le brigadier venu l'interpeller a, lui, porté plainte. Mais l'ex-sénateur encourt aussi une procédure pour « insulte à caractère raciale et violence sans incapacité commise sous l'empire de l'ivresse ».

En septembre dernier, Jean-Vincent Placé avait déjà connu quelques déboires nocturnes dans un bar : il s'était fait délester d'une montre de valeur, de son téléphone portable et de sa carte bleue... Mais cette fois-là il était la victime.

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