Deux épouses de jihadistes présumés renvoyées de Turquie mises en examen à Paris

Deux épouses de jihadistes présumés renvoyées de Turquie mises en examen à Paris
Une femme, son enfant dans les bras, dans le camp de al-Hol, au nord-est de la Syrie où se trouvent des familles de jihadistes de l'EI, le 9 décembre 2019

, publié le samedi 14 décembre 2019 à 08h50

Deux épouses de jihadistes présumés expulsées lundi de Turquie, où elles étaient détenues après s'être échappées de camps en Syrie, ont été mises en examen par un juge antiterroriste à Paris et écrouées, a appris l'AFP de source judiciaire.

A l'issue de 96 heures de garde à vue, ces deux femmes, qui étaient visées par un mandat de recherches, ont été mises en examen, jeudi et vendredi soirs, pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et placées en détention provisoire, selon cette source.

Deux autres femmes qui avaient été renvoyées en même temps par Ankara lundi ont été mises en examen dès leur arrivée pour le même chef d'accusation, étant déjà visées par un mandat d'arrêt, ce qui permettait de les présenter directement à un juge d'instruction.

Ces femmes ont été expulsées dans le cadre du "protocole Cazeneuve", du nom de l'ancien ministre de l'Intérieur socialiste (2014-2016).

Signé en 2014, cet accord de coopération policière entre Paris et Ankara permet que des jihadistes rentrant de Syrie via la Turquie soient immédiatement arrêtés à leur retour. 

Au total, environ 250 personnes ont été ainsi remises à la France, d'après le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez interrogé lundi par France Inter.

Selon une source proche du dossier, avant de tomber aux mains des Turcs, les quatre femmes -- arrivées en France lundi avec leurs sept enfants, aussitôt pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance -- étaient détenues dans des camps du nord-est de la Syrie placés sous contrôle kurde.

Certaines d'entre elles avaient quitté ces camps à l'occasion de l'offensive turque et avaient erré plusieurs jours dans les environs. Le flou persiste sur la façon dont elles ont été arrêtées par les autorités turques.

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