Deux élèves tués en deux mois : le cri de détresse du personnel d'un lycée d'Aubervilliers

Deux élèves tués en deux mois : le cri de détresse du personnel d'un lycée d'Aubervilliers
Des policiers, aux abords d'un lycée de Mulhouse (illustration)

, publié le jeudi 28 novembre 2019 à 15h00

"Deux morts en deux mois, que fait l'Etat ?", demandent les employés du lycée d'Alembert, qui s'alarment de la "violence extrême" qui rythme le quotidien de l'établissement scolaire.

Une centaine de parents et d'enseignants se sont rassemblés dans la soirée de mercredi 27 novembre devant un lycée d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), sous le choc après le meurtre de deux élèves. "Ces deux morts ne sont que les versants les plus dramatiques de la violence quotidienne que subissent nos élèves", a dit un représentant des personnels, sur le parvis du lycée professionnel d'Alembert. Face à lui, une banderole avait été tendue: "deux élèves morts en deux mois: que fait l'Etat ?".

Le 4 octobre, Kewi, 15 ans, avait été mortellement poignardé aux Lilas en marge d'un cours d'EPS, sur fond de rivalités entre quartiers.

Samedi, c'est Djadje, 19 ans, qui est mort des suites de ses blessures, après avoir été poignardé en bas de son immeuble de Saint-Ouen. Les deux meurtres n'ont à ce stade "aucun lien", selon une source proche de l'enquête. Mais ils ont fortement ému parents et enseignants. D'autant que depuis la rentrée, "au moins 20 élèves ont subi des agressions", selon eux.



"Agressions physiques", "séquestrations", "intimidations armées": ces violences ont eu lieu à l'extérieur de l'établissement, "mais elles infusent dans le lycée, les élèves les ressentent", explique un enseignant. "Dans ma classe, un élève a été frappé à cause d'embrouilles de cités. Il a dû changer de lycée", raconte à un élève en première. "On est triste, mais en colère aussi", ajoute-t-elle. "C'est pas normal toutes ces violences. On veut que ça s'arrête."

Les personnels mobilisés ont exercé leur droit de retrait lundi et mardi. Ils réclament des moyens pour "assurer la sécurité et l'éducation des élèves". Parmi leurs demandes: deux postes de surveillants et un CPE supplémentaires, le classement du lycée en zone d'éducation prioritaire, comme le collège attenant, ou la rénovation des locaux. Le rectorat s'est dit "préoccupé" par ces violences "qui peuvent avoir un retentissement sur la scolarité des élèves". Mais, ces violences ayant lieu à l'extérieur de l'établissement, "ce sont avant tout des problématiques de sécurité publique", a-t-il souligné.
 

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