Deux bombardiers russes interceptés au large de la Bretagne

Deux bombardiers russes interceptés au large de la Bretagne
Une photo de l'armée de l'air norvégienne, prise le 20 juillet 2007, montre deux TU 160 Blackjack escorté par un F-16 norvégien (photo d'illustration).
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, publié le mardi 04 octobre 2016 à 13h21

Les faits remontent au 22 septembre dernier mais n'ont été repérés que ce mardi 4 octobre par Le Télégramme. Deux chasseurs bombardiers russes, du type Tu160 Blackjack, ont été escortés successivement par les forces aériennes norvégiennes, britanniques, françaises puis espagnoles au large de leurs côtes, a expliqué l'Armée de l'air sur le site du Ministère de la Défense au lendemain de l'interception.

Est-ce une nouvelle provocation de Moscou ? Des faits similaires s'étaient déjà déroulés le 17 février dernier jusqu'au large du Touquet (Pas-de-Calais).

Cette fois la balade s'est prolongée jusqu'aux côtes espagnoles avant que les pilotes russes ne décident de reprendre le même chemin en sens inverse en arrivant au large de Bilbao (Pays basque). Tout commence à 9h13 ce jeudi là : la Norvège détecte les deux avions au nord du pays et lance une interception avec deux avions de chasse F-16. Puis c'est au tour de deux Typhoon de la Royal Air Force britannique de les escorter. Les deux chasseurs russes contournent alors l'Irlande par l'ouest avant de se diriger vers les côtes bretonnes. Alertés, deux Rafales décollent, en urgence à 13h57, de la permanence opérationnelle de Tour pour les intercepter à 100 kilomètres de côtes bretonnes, flirtant ainsi avec les limites de notre espace aérien. Ils sont relayés à 14h33 par deux Rafales partis de Mont-de-Marsan, puis par deux F-18 espagnols avant que les deux pilotes russes ne remettent cap sur l'Irlande.



"Ces interceptions et escortes ont été menées en étroite collaboration entre les deux centres d'opération de l'OTAN du nord et du sud et le centre nationale des opérations aériennes (CNOA) de Lyon-Mont Verdu", précise le ministère de la Défense sur son site. Ces deux avions russes supersoniques ont décollé du sud-ouest de la Russie. Ils sont conçus pour emporter des bombes et des missiles nucléaires. L'Armée de l'air précise que trois des quatre Rafale ont du être ravitaillé en vol durant la mission entre Clermont-Ferrand et Brest lors de leur "mission de protection de l'espace aérien national".

"Les interventions de ce genre sont fréquentes", a expliqué sur LCI le colonel Michel Goya, ancien colonel des Troupes d'infanterie de Marine. "Il s'agit de montrer les muscles. Vladimir Poutine nous dit : 'Regardez, on est capables de vous frapper". Selon lui, ces opérations peuvent également consister en "des instruments de gesticulation diplomatiques", alors que des différends nous opposent aux Russes en Syrie. L'armée de l'air russe n'est pas la seule à se risquer aussi près des eaux territoriales : en janvier 2016, un sous-marin nucléaire russe avait été détecté dans le Golfe de Gascogne.

L'Islande a aussi protesté contre ces vols de bombardiers russes ayant volé trop près à son goût d'un avion de ligne qui avait décollé de Reykjavik. Les pays Baltes accusent aussi régulièrement la Russie de violer leur espace aérien et de survoler la mer Baltique avec leur transpondeur éteint. Ces équipements électroniques permettent aux radars d'identifier les avions et d'empêcher des collisions.

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