Deux adultes sur trois ne mangent pas assez de fruits et de légumes

Deux adultes sur trois ne mangent pas assez de fruits et de légumes©DENIS CHARLET / AFP

, publié le mardi 26 janvier 2021 à 14h40

En moyenne, les adultes mangent 323 grammes de fruits et légumes frais au lieu des 400 à 500 grammes journaliers recommandés. 

"Pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour". Si la recommandation est désormais bien connue mais elle n'est toujours pas entrée dans les habitudes alimentaires des Français.

Ainsi, "un tiers des adultes respectent le programme national nutrition santé" de 2001 qui recommande de consommer "au moins cinq fruits et légumes par jour", soit entre 400 et 500 grammes quotidiens, a indiqué Laurent Grandin, président de l'interprofession française des fruits et légumes, Interfel, devant la presse mardi 26 janvier.



La consommation par jour et par adulte a "augmenté de façon significative entre 2010 et 2020", a toutefois salué Laurent Grandin.

Elle s'établit à quelque 323 grammes de fruits et légumes frais, 365 grammes si l'on ajoute les conserves selon le Credoc, au-dessous de la moyenne européenne, a-t-il indiqué.

Cette consommation "reste insuffisante par rapport aux objectifs de santé", a pointé Laurent Grandin. "Il y a encore une marge de progression", notamment dans les populations défavorisées socialement. Le taux de prévalence de l'obésité y est "1,5 fois plus élevé que celui de la population générale", a souligné de son côté Christel Teyssedre, présidente d'Aprifel, l'agence pour la recherche et l'information en fruits et légumes, elle-même primeur à Prayssac dans le Lot.

Pour relancer la consommation de fruits et légumes, Interfel appelle les pouvoirs publics à un plan de relance décennal et compte sur différentes opérations prévues pour 2021, décrétée 'année internationale des fruits et légumes' par l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO). Interfel soutient notamment la proposition de création d'un "chèque alimentaire" que le gouvernement a retenu récemment pour faire face à la crise sociale générée par la crise sanitaire. "Nous voulons un engagement citoyen et collectif autour des fruits et légumes pour atteindre enfin les objectifs", a demandé Laurent Grandin.

Sur la seule année 2020, la crise sanitaire et la fermeture des restaurants ont conduit à une "hausse historique" des achats de fruits et légumes, estimée aux alentours de 4,5% par rapport à 2019, s'est-il félicité. Mais l'an passé, les prix ont également augmenté en moyenne de 13%, conséquence des désorganisations des chaînes d'approvisionnement, ainsi que d'aléas climatiques au deuxième semestre, où la production française d'abricots a par exemple chuté de 30%, tandis que celle de pommes et de poires reculait à 1,3 million de tonnes contre 1,5 en temps normal.



Si Interfel a souligné l'envolée des productions respectant la norme HVE (haute valeur environnementale) soutenue par les pouvoirs publics, l'interprofession s'est par ailleurs inquiétée d'un "tassement" de la consommation de fruits et légumes bio en France en fin d'année. "En fin d'année, au 3e trimestre, nous avons eu une baisse de 1% de la consommation de fruits et légumes bio, un ralentissement sans doute dû à la crise" qui constitue un "avertissement", a ainsi indiqué Laurent Grandin. "Personne ne sait à quel niveau se fixera la consommation de bio qui jusqu'à présent était plutôt portée par des historiques et des CSP+" a-t-il ajouté.

Au total sur l'année, les fruits et légumes bio, qui représentent quelque 10% du total des fruits et légumes consommés en France restent néanmoins en progression, avec une hausse de la consommation estimée à quelque 5% pour l'année 2020 par Interfel, par rapport à une croissance régulière de +7 à +8% les années précédentes.

"On alerte les pouvoirs publics pour qu'ils regardent dans quelle mesure il y a adéquation entre les facteurs d'encouragement du développement et la consommation, et qu'ils nous aident à réguler cette situation" a ajouté Laurent Grandin."Nous pensons qu'il y a une forme de suspension liée à une crise économique à venir, autour de la consommation en général et la consommation du bio en particulier dans la mesure où quand le consommateur a des arbitrages à faire, il regarde aussi ses capacités de dépense", a-t-il souligné.

Les prix des fruits et légumes bio sont "entre 30 à 50% plus élevés" en moyenne que ceux des produits non bio selon les saisons, a-t-il rappelé."Il y a un risque de se retrouver avec une offre surabondante par rapport à la demande" a-t-il ajouté.

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