Détenteur de 88 perroquets sans autorisations, il est condamné à 10.000 euros d'amende

Détenteur de 88 perroquets sans autorisations, il est condamné à 10.000 euros d'amende©MARTIN BUREAU / AFP
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publié le lundi 31 mai 2021 à 16h45

"Certains s'achètent des Ferrari, moi je m'occupe d'oiseaux", s'était justifié le propriétaire des volatiles lors de l'audience. Il a fait appel de la décision.

Il détenait 88 perroquets...

sans autorisations. Reconnu coupable de plusieurs manquements et défauts d'autorisations, le propriétaire des oiseaux a été condamné vendredi 28 mai par le tribunal de Draguignan (Var) à 10.000 euros d'amende, dont 5.000 euros avec sursis, a-t-on appris lundi auprès de son avocat. 



Cet éleveur de 47 ans "est toujours très remonté et a fait appel" de cette décision, a précisé à l'AFP Me Stéphan Gauthier, justifiant les torts de son client par les lenteurs de l'administration et la complexité des textes. Il déplore une condamnation à une "lourde" amende. Le propriétaire des perroquets a toutefois obtenu la restitution de ses oiseaux sauf pour 19 d'entre eux. Ils avaient été confiés à l'association 30 Millions d'Amis à laquelle il devra rembourser la facture des soins et de gardiennage pour 7.726 euros. Parties civiles au procès, 30 Millions d'Amis a en outre obtenu 2.000 euros de dommages et intérêts, tout comme la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

Cet éleveur, qui a monté un petit zoo à Ginasservis (Var), avait éveillé les soupçons de l'administration lors d'un contrôle routier près de la frontière italienne en 2017. Il avait été verbalisé en possession de deux écureuils rayés d'Himalaya, une espèce protégée, ce qui avait déclenché une série de contrôles chez lui, où il détenait 88 perroquets - gris du Gabon, ara arlequin, ara bleu, etc. - mais sans les autorisations nécessaires pour une partie d'entre eux alors que la loi limite à 10 le nombre d'oiseaux qu'on peut détenir sans autorisation. Les volières et les registres n'étaient pas non plus impeccables lorsque des agents étaient venus pour un contrôle.

"Certains s'achètent des Ferrari, moi je m'occupe d'oiseaux", s'était justifié le propriétaire des volatiles lors de l'audience qui s'est tenue en avril dernier. "J'estime être en règle, à part pour cet ara de Macao", un oiseau protégé acheté en 1999 et qu'il ne parvient pas à régulariser, avait-il expliqué.

Lors de cette même audience, son avocat avait également accusé les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), devenu Office français pour la biodiversité, d'avoir "voulu faire un exemple" en visant à tort "un ami des animaux". "Les agents ne connaissent même pas les espèces qu'ils contrôlent et saisissent sans ouvrir les registres, c'est anormal !", avait-il fustigé, reconnaissant certains torts : "Oui, mon client est coupable d'avoir devancé les autorisations (...) et interprète à sa sauce. C'est un combat de textes", avait-il souligné. 

"Je suis particulièrement scandalisé par le comportement du prévenu qui vient invectiver tout le monde, il n'a rien compris", s'était de son côté fâché l'avocat de la Ligue de Protection des Oiseaux Me Mathieu Victoria. La représentante du parquet avait requis une peine d'amende de 15.000 euros, dont 7.000 euros à acquitter immédiatement, ainsi que la confiscation de l'intégralité des oiseaux. 
 

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