Déserts médicaux : les maires ruraux veulent porter le débat lors de la présidentielle

Déserts médicaux : les maires ruraux veulent porter le débat lors de la présidentielle©LUCAS BARIOULET / AFP

publié le samedi 25 septembre 2021 à 14h00

La désertification sanitaire dans les campagnes s'intensifient. Jean Castex a rencontré le président de l'Association des maires ruraux de France.

Pourra-t-on encore avoir accès aux soins dans les campagnes ? Cette question inquiète les maires maires ruraux. Avec six autres associations, ils ont appelé vendredi 24 septembre les candidats à l'Elysée à s'engager contre les déserts médicaux et demandé plus de soutien au Premier ministre Jean Castex, estimant que le "compte n'y est pas encore".


"Nous appelons les pouvoirs publics, les candidats à l'élection présidentielle et tous les acteurs, de santé ou non, à s'engager à nos côtés face à l'urgence absolue et la gravité de la situation", a écrit l'Association des maires ruraux de France (AMRF) dans une déclaration rendue publique lors de leur congrès dans l'Yonne. 

"Notre système de santé est en danger, mis à mal par 30 ans de choix politiques inappropriés et par une désertification sanitaire qui ne cesse de s'étendre", ont-ils dénoncé, appelant à "remédier à cette situation qui est une urgence absolue".

La déclaration est également signée par l'Association des citoyens contre les déserts médicaux, la Fédération nationale des techniciens ambulanciers urgentistes, le Syndicat des infirmières et infirmiers libéraux, le Syndicat des médecins libéraux, le SAMU Urgences de France et l'Union nationale des professionnels de santé. 

En recevant le Premier ministre Jean Castex au congrès de l'AMRF, son président Michel Fournier a également tiré la sonnette d'alarme.  "L'Etat vient de démontrer durant la crise du Covid qu'il pouvait mobiliser les services, la population et les élus", a-t-il rappelé. "Il doit désormais le faire avec la même énergie pour renverser l'équation de l'accès au soin. A défaut, la bombe à retardement explosera", a-t-il prévenu.

Jean Castex assure les soutenir

Michel Fournier a d'ailleurs regretté l'absence d'un "représentant" du ministère de la Santé dans le Comité ministériel à la ruralité qui s'est réuni juste avant le congrès pour élargir certaines des 181 mesures de l'agenda rural lancé il y a deux ans et inspirées par le "Grand débat" qui avait suivi la crise des "gilets jaunes". 

"Que ce soit dans le domaine de l'emploi, de l'école, de la santé ou encore de la mobilité(...) le compte n'y est pas encore", a souligné Michel Fournier. Dans son discours, Jean Castex, qui s'est présenté comme "un élu de la ruralité", a rappelé la levée du numerus clausus des études médicales. "Nous mettons le paquet sur la santé publique", a-t-il assuré. 

Le chef du gouvernement a par ailleurs précisé que le Plan de relance, de 100 milliards d'euros sur deux ans pour relancer l'économie française après la crise sanitaire, bénéficie déjà au monde rural à hauteur de 8,4 milliards contre les 5 milliards annoncés initialement, reconnaissant qu'il "s'était trompé". 

Lors de la troisième réunion du Comité interministériel à la ruralité, Michel Castex a réuni dans l'Yonne la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, du secrétaire d'Etat à la Ruralité, Joël Giraud, du secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, et du secrétaire d'Etat au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne.
 

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