Des vaches espagnoles refoulées à la frontière française

Des vaches espagnoles refoulées à la frontière française©Pixabay (photo d'illustration)

publié le samedi 01 mai 2021 à 18h54

Les troupeaux de l'enclave de Llivia n'ont pas pu rejoindre leurs pâturages d'estive situés dans les Pyrénées-Orientales. Un événement qui n'était pas arrivé depuis des siècles, et qui préoccupe les éleveurs, relate France Bleu, samedi 1er mai. 

Les contrôles sont renforcés aux frontières pour les hommes, mais également...

pour les vaches ! Dans les Pyrénées, les autorités françaises ont décidé de refouler les vaches espagnoles qui viennent brouter l'herbe française, comme le rapportent nos confrères de France Bleu, samedi 1er mai. Cette mesure n'est pas sans raison. D'ordre sanitaire, elle s'inscrit dans une stratégie visant à éradiquer la rhinotrachéite infectieuse bovine. Cette maladie, bénigne et non-transmissible chez l'homme, contamine de nombreux troupeaux depuis quelques années.



Colère chez les éleveurs

La décision n'a pas plu à tout le monde. Chez les éleveurs de Llivia, une petite commune espagnole enclavée au milieu de la Cerdagne française (Pyrénées-Orientales), colère et inquiétude se sont fait sentir. En effet, depuis près de 1 000 ans, France Bleu rapporte que chaque début juin, leurs troupeaux prennent le chemin du lac des Bouillouses pour passer quatre mois et demi dans les montagnes françaises. Plusieurs dizaines d'hectares de pâturage sont possédés par la commune de Llivia. "Si on nous refuse le passage de la frontière, c'est une véritable injustice", s'indigne auprès du média, Venanci Agusti, à la tête d'un troupeau de 80 vaches de race Aubrac et Limousine. "Cela fait un millénaire que nos vaches participent à cette transhumance vers les Bouillouses, sur des terres qui appartiennent à notre commune. C'est une tradition, c'est une fête. La fermeture de la frontière nous affecte profondément !"

En réalité, seules les vaches positives au virus IBR ne pourront pas passer la frontière. Mais ce nombre n'est pas sans conséquence, puisque cela représente 30 à 40% du cheptel de Llivia. "Nous avons été prévenus au dernier moment ! Nous n'avons pas le temps de nous retourner", s'inquiète de son côté l'éleveur Lluis Tor. Face à l'urgence de la situation, qui pourrait avoir d'importantes conséquences financières, le maire de Llivia, Elies Nova, remue ciel et terre. Il a notamment saisi les autorités régionales de Catalogne, mais aussi le ministère espagnol de l'Agriculture.

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