Des "téléphones bridés" bientôt autorisés dans les prisons ?

Des "téléphones bridés" bientôt autorisés dans les prisons ?
L'an dernier, 33 000 portables ont été saisis dans les prisons françaises (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le jeudi 17 août 2017 à 20h01

La contrôleure générale des lieux de privation de liberté Adeline Hazan s'est déclarée favorable, ce jeudi sur France Inter, à l'utilisation de téléphones portables "bridés" par les détenus.



"Actuellement, les détenus peuvent téléphoner à quelques numéros qu'ils déclarent, mais ils ont accès à un point-phone sans aucune confidentialité, dans la cour de promenade ou dans les coursives", déplore Adeline Hazan, alors que 33 000 portables ont été saisis dans les prisons françaises l'an dernier.

Elle propose que les fameux "téléphones bridés" soient "achetés directement à la prison" par les détenus, bloqués pour appeler seulement "quelques numéros déclarés et vérifiés".

"AVEC UN TÉLÉPHONE PORTABLE, VOUS ORGANISEZ UNE ÉVASION"

Cela fera comme les télévisions : ça avait choqué une partie de l'opinion, maintenant plus personne n'imaginerait qu'un détenu n'ait pas la télévision, qu'il paie et qu'il loue d'ailleurs", estime encore Adeline Hazan.
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L'utilisation d'internet, "là aussi de façon contrôlée", pourrait également permettre aux détenus "de chercher du travail" et "de rester en contact avec leurs familles", affirme la contrôleure générale des lieux de privation de liberté.

"Avec un téléphone portable, vous organisez une évasion. Vous orchestrez un certain nombre de choses qui mettent en fragilité le système carcéral", dénonce Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap-Unsa justice, sur franceinfo.

"Cela fait des années qu'on propose de mettre les téléphones filaires dans les cellules pour que les détenus puissent échanger avec certaines personnes, notamment leur famille. De cette manière, ils seront en totale confidentialité et sur écoute permanente des personnels", propose le secrétaire général de l'Ufap-Unsa justice.

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