Des stations de ski prises d'assaut malgré les remontées mécaniques fermées, un maire d'Isère dénonce "une situation ubuesque"

Des stations de ski prises d'assaut malgré les remontées mécaniques fermées, un maire d'Isère dénonce "une situation ubuesque"
Remontées mécaniques fermées à Val d'Isère dans les Alpes, le 12 décembre 2020.

, publié le lundi 14 décembre 2020 à 17h05

"Tout ce qu'on a voulu éviter par la fermeture des remontées mécaniques, on l'a créé là", dénonce le maire de Lans-en-Vercors qui souhaite une réouverture prochaine afin de pouvoir "organiser les flux autour des montagnes".

Du beau temps, de la neige... Malgré la fermeture des remontées mécaniques, mesure décidée pour lutter contre la propagation du coronavirus, les stations de ski d'Isère ont été prises d'assaut le week-end du 12 et 13 décembre.

Le maire de Lans-en-Vercors Michaël Kraemer a écrit au président, au Premier ministre et au préfet pour dénoncer une situation "ubuesque". 



"C'était une fréquentation digne des plus grands week-ends de février (...) Il y avait beaucoup de nouveaux pratiquants et donc qui n'ont pas les codes de la montagne. Les domaines ne sont pas sécurisés puisque nous n'avons pas encore embauché nos saisonniers, les parkings ne sont pas gérés", a déploré l'élu lundi 14 décembre sur franceinfo

"Avec l'ensemble des acteurs du monde skiable et l'association nationale des maires de montagne on avait prévu des protocoles pour encadrer les personnes. Mais aujourd'hui force est de constater que le monde vient même si les stations sont fermées, les attroupements sont là", constate-t-il, soulignant que toutes les conditions sont réunies pour créer des clusters.

"On aurait pu les canaliser grâce à nos professionnels, les accompagnateurs de moyenne montagne et aux activités qu'on a proposé. Là, on a laissé tout le monde à la montagne, tout le monde a besoin d'air et les gens sont venus en oubliant le minimum des gestes barrières, des précautions d'usage. On est dans une situation ubuesque. Tout ce qu'on a voulu éviter par la fermeture des remontées mécaniques, on l'a créé là", dénonce le maire isérois.

Selon lui, la fermeture des remontées mécaniques est "très contreproductive". "Même si on n'a pas de rentrées d'argent on va dépenser pour sécuriser (les domaines skiables, ndlr) et on espère que les aides arriveront parce que cela va être difficile", ajoute l'élu. 

Alors qu'une réouverture des remontées mécaniques est envisagée le 7 janvier, Michaël Kraemer estime qu'il faut rouvrir avant pour pouvoir "organiser les flux autour des montagnes". "Les gens ont besoin de s'oxygéner et la montagne est une valeur refuge. (...) On peut organiser des gestes barrières, sensibiliser les gens. Si on rouvre, on arrivera à canaliser les personnes", affirme-t-il.
 

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