Des pompiers s'élèvent contre l'obligation vaccinale

Des pompiers s'élèvent contre l'obligation vaccinale
(Photo d'illustration)

publié le samedi 28 août 2021 à 18h46

Ces derniers estiment que cette mesure est "la goutte d'eau qui fait déborder le vase".


A partir du 15 septembre, les pompiers devront être vaccinés. Dans cette mesure, pourtant, certains voient une nouvelle preuve d'un "manque de considération" de leur engagement.

Depuis la mi-juillet, ils défilent par petits groupes chaque samedi, en uniforme ou en civil, dans les cortèges qui regroupent les adversaires du pass sanitaire, du vaccin ou du gouvernement.

Ce samedi à Nice, ils étaient quelques-uns, fidèles au rendez-vous derrière une grande banderole: "nous répondons à toutes vos urgences, ne nous privez pas de nos libertés !"

"On ne comprend pas cette obligation vaccinale", soupire parmi eux Firmin (le prénom a été modifié à sa demande). "Ça fait un an et demi qu'on travaille en se protégeant et en protégeant les autres, on n'a pas eu de cluster dans les casernes", poursuit-il, "se vacciner ne changera rien, hormis d'avoir une recrudescence d'effets secondaires".


Difficile de dénombrer la part de ces récalcitrants parmi les quelque 253.000 soldats du feu en France.  

Mais Samuel Mathis, le secrétaire général du Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires ou bénévoles (79% des effectifs, pour 16% de professionnels et 5% de militaires), se dit "inquiet du nombre d'appels reçus" à l'approche de la date-butoir de la mi-septembre.

Requête devant le Conseil d'Etat

"C'est la première fois que notre organisation est autant sollicitée par des sapeurs-pompiers qui disent qu'ils ne se feront pas vacciner, en tout cas pas comme ça. Et qui se demandent si on leur demandera de démissionner, ou s'ils seront déclarés inaptes", dit-il.

Leur opposition à la vaccination vient davantage de la forme employée, "désagréable" selon le syndicaliste, que du fond.

"On est favorable au vaccin, mais le fait de nous mettre une 'deadline', d'imposer des mesures coercitives, est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase", déplore Samuel Mathis, "certains camarades (...) nous disent 'trop, c'est trop'" pour des bénévoles qui "sacrifient beaucoup de leur temps et de leur vie".

Volontaires comme professionnels disent souffrir d'être de plus en plus éloignés de leur cœur de métier, l'urgence, par l'augmentation constante de leurs interventions pour des missions d'assistance médico-sociale (carences ambulancières, aide aux personnes âgées).

Le syndicat majoritaire chez les professionnels, la FA SPP-PATS, est sur la même longueur d'onde que celui des volontaires, opposé non pas à la vaccination mais à son obligation.

Et même si la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a rejeté mardi une requête de 672 pompiers professionnels et volontaires contre celle-ci, la FA SPP-PATS annonce le dépôt d'un recours devant le Conseil d'Etat.

Selon le ministère de l'Intérieur, 72% des pompiers (dont près de 100% des professionnels) avaient reçu au 20 août au moins une dose de vaccin (contre 54% une semaine plus tôt).

Mais Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF, qui chapeaute tous les effectifs), redoute une "perte de ressources" humaines après le 15 septembre.
 

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