Des policiers lancent un concours de photo pour dénoncer le manque de moyens

Des policiers lancent un concours de photo pour dénoncer le manque de moyens
Une association de policier entend dénoncer les conditions de travail des forces de l'ordre.

Orange avec AFP, publié le mercredi 16 août 2017 à 12h20

Les policiers français sont bien décidés à faire entendre leur voix à la rentrée. Alors qu'un collectif organise une manifestation nationale de soutien le 16 septembre, une association a lancé début août un concours photo pour dénoncer le manque de moyens des forces de l'ordre.

L'Union des policiers nationaux indépendants (UPNI), une organisation qui se dit asyndicale, a invité les policiers à lui envoyer des clichés mettant en lumière la dégradation du matériel et de leurs conditions de travail.


Un album doit être concocté et publié pour la grande manifestation, mais en attendant, les premières images commencent à être révélées : des véhicules qui affichent plus de 300.000 km au compteur, des urinoirs bouchés qui débordent, des commissariats fermés au public pour cause d'infestation ou encore des portes rafistolées avec des morceaux de carton... "Nous avons lancé ce concours il y a une dizaine de jours, et depuis nous recevons des photos de toutes les unités", explique à LCI Christophe, le président de l'association qui témoigne sous couvert d'anonymat. Selon lui, un policier perd 45 minutes par prise de service pour trouver du matériel en état de fonctionnement. Cela peut aller de la radio qu'il faut rafistoler par ses propres moyens, à une voiture dont les ceintures sont hors service ou encore à des armes inutilisables. Sans parler du matériel informatique "d'un autre temps" qui tombe en panne régulièrement ou des commissariats inondés par temps de pluie.

"Ce qu'il faut retenir, c'est qu'aujourd'hui, le policier n'a ni le nombre de collègues qu'il faut, ni l'armement nécessaire, ni les véhicules pour assurer ses missions", assénait lundi une cadre de l'UPNI sur France Bleu Paris Région. Et la hiérarchie est pourtant bien au courant, assure l'UPNI. Interrogé par France 3, des policiers membres de l'association se souviennent que "pas mal de gens de la haute hiérarchie sont venus nous voir dans les services. Ils sont venus et on a discuté, parlé. Ils ont constaté, ils ont bien compris notre problème. (...) Effectivement, nous réunir et nous écouter est une chose, faire suivre les desiderata des collègues en est une autre."

"SUR LE TERRAIN, ON NE VOIT PAS GRAND CHOSE"

L'UPNI, créée dans la foulée de l'attaque aux cocktails molotov à Viry-Châtillon en octobre dernier, avait déjà publié sur Facebook des photos de locaux et de matériels vétustes, après les manifestations de policiers, un peu partout en France. Après ce mouvement de grogne, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait débloqué 250 millions d'euros pour l'achat de matériel. "Il y a eu des services spécialisés, comme les brigades anti-criminalité (BAC) qui ont eu un renouvellement de leur parc automobile, un armement plus performant. Ça met du temps, mais ça arrive. Nous, sur le terrain, on ne voit pas grand chose", confiait lundi sur France Bleu un autre policier.

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