Des militants de l'Action Française font irruption au Conseil régional d'Occitanie, émoi général

Des militants de l'Action Française font irruption au Conseil régional d'Occitanie, émoi général
(illustration)

publié le jeudi 25 mars 2021 à 20h35

Les réactions indignées ont abondé, de tous bords, pour dénoncer l'intrusion.

Une dizaine de militants du mouvement d'extrême droite Action française ont fait irruption jeudi 25 mars à Toulouse au Conseil régional d'Occitanie, déclenchant de nombreuses réactions d'indignation, dont celle d'Emmanuel Macron.

Ils ont "tenté d'entrer par la force dans l'hémicycle pour interrompre le processus délibératif, peut-être par le sous-sol", a expliqué la présidente PS du conseil régional Carole Delga, relevant qu'il s'agissait de la première intrusion d'extrémistes dans l'enceinte du Conseil régional depuis son élection en 2016.

Dans un communiqué, Carole Delga a annoncé qu'elle allait porter plainte. "Face à l'extrême droite, je le répète : je ne lâcherai rien et ne cèderai à aucune pression, d'où qu'elle vienne", a-t-elle affirmé, rappelant qu'elle avait à plusieurs reprises été la cible de menaces, dont des menaces de mort, de la part de l'extrême droite.



"On sent en France qu'il y a un climat très tendu.

On est en train de créer une société d'ennemis. Je crois qu'il va y avoir une escalade au fil des mois avant la présidentielle" de mai 2022, a ajouté Carole Delga. Le coup de force a déclenché une avalanche de réactions.

Emmanuel Macron a condamné l'irruption de ces militants, qui montre selon lui "le vrai visage de l'extrême droite" et sa "volonté de bâillonner la démocratie et de diviser les Français". Plusieurs responsables de LFI et d'EELV y ont vu au contraire le résultat des thèmes développés récemment par l'exécutif.

La gauche pointe le gouvernement

"Que cette intrusion violente puisse déciller les yeux des pyromanes Darmanin et consorts: vous nourrissez la violence et fracturez le pays", a tweeté le patron d'EELV Julien Bayou, qui plusieurs heures plus tôt pestait contre la polémique sur la mosquée de Strasbourg opposant son parti au gouvernement.

"Signé Macron, Darmanin, Schiappa, Olivier Faure et autres chasseurs d'islamogauchistes et 'd'ambigus'", a aussi dénoncé l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, régulièrement aux prises avec l'exécutif sur les thèmes de la laïcité et de la République. La députée Insoumise et candidate à la présidence de la région Île-de-France Clémentine Autain a renchéri: "En légitimant l'extrême droite, en reprenant ses discours et ses cibles, le gouvernement lui déroule un tapis rouge. Et quand les digues sautent, la marée monte".

L'ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a quant à elle adressé un "soutien chaleureux" à Carole Delga "face à cette violence inadmissible". Le maire Rassemblement national de Perpignan Louis Aliot a lui condamné une "intrusion violente d'extrémistes" qu'il a jugée "inquiétante pour la sécurité du site ainsi que pour l'atteinte démocratique qu'elle représente", et invité à "(privilégier) toujours le débat au sectarisme".
 

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