"Des marges de manœuvre" sur l'âge d'équilibre, assure Edouard Philippe

"Des marges de manœuvre" sur l'âge d'équilibre, assure Edouard Philippe
Le Premier ministre Edouard Philippe lors de son allocution le 19 décembre 2019.

, publié le jeudi 19 décembre 2019 à 20h15

Des avancées minimes ont été constatées par une partie des syndicats. La CGT appelle à une nouvelle journée d'action le 9 janvier prochain. 

Un pas de fourmi, mais un pas.

Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé jeudi soir qu'il y avait "des marges de manoeuvre" sur l'âge d'équilibre qu'il souhaite introduire dès 2022 pour inciter à travailler plus longtemps et équilibrer les comptes dans le cadre de la réforme des retraites.

Réaffirmant qu'il ne souhaitait pas une "baisse des pensions" ou une "hausse du coût du travail" par une augmentation des cotisations, le chef du gouvernement a ajouté: "Ça ne veut pas dire qu'il n'y aurait que l'âge d'équilibre" comme mesure budgétaire. "Il y a des marges de manoeuvre, elles ne sont pas immenses, nous le savons tous, mais elles existent: je propose et je redis ma proposition aux organisations syndicales d'en discuter" en janvier, a-t-il ajouté à la sortie d'une réunion multilatérale à Matignon. Edouard Philippe a annoncé jeudi qu'il réunirait à nouveau les partenaires sociaux dans "les premiers jours de janvier" pour discuter du projet de réforme des retraites.




"Dès les premiers jours de janvier avec le secrétaire d'État (Laurent Pietraszewski), nous consulterons les partenaires sociaux et je proposerai, mi-janvier, une méthode qui nous permettra soit d'atteindre un accord qui pourrait se substituer à la solution que j'ai proposée, soit, à tout le moins, d'améliorer celle-ci en tenant compte des propositions des syndicats", a-t-il déclaré à propos de l'objectif d'équilibre financier proposé par le gouvernement. Edouard Philippe "souscrit totalement" à l'extension aux fonctionnaires du dispositif de retraite progressive existant dans le privé, a annoncé jeudi le Premier ministre à l'issue de discussions avec les syndicats sur la réforme des retraites.

"Plusieurs organisations syndicales ont demandé l'ouverture de la retraite progressive à la fonction publique, en particulier aux enseignants et aux personnels hospitaliers, idée à laquelle je souscris totalement", a déclaré le chef du gouvernement, précisant qu'une concertation à ce sujet débutera en janvier "pour aboutir rapidement".



Les syndicats sur le leur faim

La CGT-Cheminots, premier syndicat à la SNCF, "continue" la grève contre la réforme des retraites, tandis que l'Unsa ferroviaire, deuxième syndicat, "appelle à une pause pour les vacances scolaires", ont indiqué les deux organisations jeudi, après une réunion multilatérale à Matignon. Le Premier ministre Edouard Philippe "appelle" de son côté "à la responsabilité de chacun pour permettre aux millions de Français qui le souhaitent de rejoindre leurs familles en cette fin d'année", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de cette réunion, en appelant à "l'attachement des salariés" des entreprises publiques de transport "à la continuité du service public (...) et à la notion d'intérêt général".



"La grève continue" et "deux actions sont programmées: le Noël des grévistes et des rassemblements le 28 décembre", a annoncé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, dont l'organisation représente environ un tiers des conducteurs de train et plus de 40% des contrôleurs. L'Unsa, en revanche, appelle à une "pause", a indiqué son secrétaire général, Laurent Escure, aux journalistes à la sortie de la réunion à Matignon.



Cette pause est décidée "pour les vacances scolaires", a précisé à l'AFP Didier Mathis, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, qui représente 7,5% des conducteurs et contrôleurs. SUD-Rail, troisième syndicat à la SNCF, "va entretenir le mouvement avant les temps forts de la rentrée", a indiqué Erik Meyer, secrétaire fédéral, dont l'organisation représente environ un tiers des conducteurs de train et plus de 25% des contrôleurs.

Laurent Escure a déclaré à la presse que "sur les transactions sectorielles, on a eu la confirmation d'une garantie offerte sur le contrat social et moral du secteur des transports publics". "Le bureau fédéral de l'Unsa ferroviaire a décidé de prendre acte de ces avancées et d'appeler (...) à une pause à la SNCF du mouvement", a-t-il poursuivi, en ajoutant qu"'à la RATP il y a un dialogue entre la direction et les agents".



L'Unsa ferroviaire explique décider cette pause "dans un souci de dialogue social et de continuité du service public", après avoir "constaté une position d'ouverture de la part du gouvernement qui propose, pour la première fois, des avancées notables". Mais "en fonction de l'issue des prochaines négociations, l'Unsa ferroviaire n'hésitera pas à remobiliser", ajoute le syndicat. La CFDT-Cheminots n'avait pas immédiatement réagi jeudi soir. Ce syndicat représente plus de 18% des conducteurs et plus de 12% des contrôleurs. 
 

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