Des fonctionnaires de police "à bout" appellent à un "acte 1 de la colère des policiers"

Des fonctionnaires de police "à bout" appellent à un "acte 1 de la colère des policiers"
Des gendarmes déployés samedi 15 décembre à Paris

, publié le lundi 17 décembre 2018 à 08h21

Mouvement des "gilets jaunes", attentat de Strasbourg, mobilisation lycéenne... la grogne gagne dans les rangs des forces de l'ordre, largement mises à contribution, alors que plusieurs de leurs revendications ne sont, selon eux, pas entendues par le gouvernement.

Plusieurs associations appellent à un "acte 1" des policiers et à une mobilisation jeudi 20 décembre.

"Les policiers sont à bout et ne bénéficient d'aucune reconnaissance". Le syndicat Unité SGP Police a annoncé samedi 15 décembre sur Twitter un "acte 1 de la colère des policiers". Le syndicat reprend ainsi le vocabulaire des "gilets jaunes" dont l'acte 5 a eu lieu samedi 15 décembre.



Après les annonces d'Emmanuel Macron lundi 10 décembre, le syndicat avait exprimé sa colère, estimant "inacceptable" que rien ne soit annoncé par le président pour les "gradés, gardiens et adjoints de sécurité". "Monsieur le président grâce à nous notre République a tenu. La reconnaissance s'impose immédiatement", a écrit le syndicat, réclamant notamment le paiement des heures supplémentaires défiscalisées.



L'"acte 1" a été confirmé par Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat samedi sur RMC.



Un "plan Marshall" pour la police

"Avec toute la charge de travail, on est sur une situation explosive", a décrit à l'AFP Frédéric Lagache, numéro deux du syndicat des gardiens de la paix et de gradés, Alliance. "Au vu de l'engagement sans faille des policiers, nous exigeons un retour immédiat sur l'investissement, avec un véritable plan 'Marshall'". Pour Alliance, les forces de l'ordre ont été mise "à rude épreuve" entre la gestion sécuritaire de la mobilisation des "gilets jaunes" et la lutte antiterroriste "au plus haut niveau" provoquée par l'attentat de Strasbourg. "Les forces de l'ordre vont éprouver de plus en plus de difficultés à assumer tous les fronts", a résumé le syndicat.



Selon Frédéric Lagache, les policiers "entre épuisement et colère, en ont assez des gratitudes et veulent des actes" de la part du gouvernement. Celui-ci réclame pour les policiers "des avancées sociales et la juste rétribution de leur engagement", avec le paiement des heures supplémentaires, des astreintes ou encore des heures de nuit.



Appel à la mobilisation jeudi 20 décembre

Un appel à une mobilisation le 20 décembre devant un commissariat du 8e arrondissement a été lancé sur les réseaux sociaux sous le hashtag #LesGyrosBleus. "Le président a fait des annonces pour certaines personnes, et pas pour d'autres. Une fois de plus nous sommes les grands oubliés. Pas de pouvoir d'achat, le gel du point d'indice, les heures supplémentaires non payées, 24 millions au total, ça fait beaucoup, surtout en ce moment. On nous soutient à la télé, mais après, il n'y a rien. C'est de la communication pour nos gouvernants. Du coup, nous avons lancé cet appel au rassemblement", a déclaré à LCI Guillaume Lebeau, vice-président de l'association MPC (mobilisation des policiers en colère). Le mouvement est rejoint notamment par l'association femmes des forces de l'ordre en colère (FFOC).





Depuis le 17 novembre et le début de la mobilisation des "gilets jaunes", les forces de l'ordre font l'objet d'une intense activité opérationnelle, encore accrue par les manifestations de lycéens et la vigilance accrue face à la menace terroriste après l'attentat de Strasbourg. Quelque 89.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés le 8 décembre à l'occasion de l'acte IV des "gilets jaunes".

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