Des familles de victimes du Covid réclament un hommage national de l'Etat

Des familles de victimes du Covid réclament un hommage national de l'Etat©Panoramic

, publié le mercredi 20 janvier 2021 à 11h10

Alors que plus de 71 000 décès du Covid-19 ont déjà été recensés en France, certaines familles endeuillées dénoncent un manque de reconnaissance et souhaitent rencontrer Emmanuel Macron.

"Pourquoi nous, les familles de victimes, on ne nous entend pas, on ne nous voit pas ?" C'est un cri de colère, un aveu d'incompréhension. Dans une lettre ouverte adressée au chef de l'Etat, Sabrina Sellami, exprime tout son ressentiment après avoir perdu en mars dernier son père et son frère du Covid-19, rapporte Le Parisien, mercredi 19 janvier.

Beaucoup de familles ont subi la situation lorsque les premières morts ont été recensées au printemps dernier, ne pouvant même pas accompagner leurs proches défunts et faire leur deuil. Dans cette lettre que publient nos confrères, la référente en Ile-de-France de l'association Victimes du Covid-19, s'indigne du manque de reconnaissance de l'Etat envers les victimes. "Que fait-on pour ces morts, partis dans des conditions inhumaines", tonne la quadragénaire, qui déplore au passage de ne pas être entendue alors que des médecins "sont reçus tous les jours sur les plateaux télé".

Surtout, Sabrina Sellami réclame "une journée de deuil national" afin de "réhabiliter la dignité des personnes disparues". Pas prévu pour le moment du côté des autorités qui met en avant la lutte contre l'épidémie avant tout. Mais si une journée nationale n'est pas possible, pourquoi ne pas décréter un hommage, demande-t-elle. "Combien faut-il de victimes pour qu'il ait enfin lieu ? 100 000 ?", se désole-t-elle.

Manque de soutien, impréparation...

D'un point de vue personnel, Sabrina Sellami a perdu son père âgé de 82 ans et son frère de 56 ans en l'espace de 24 jours seulement. Presqu'un an après, elle dénonce aussi l'impréparation des hôpitaux et demande des réponses, ayant appris que les hôpitaux ne faisaient par exemple pas de tests au début. "Nous souhaiterions entendre que le système dans lequel nous avions confiance avait trouvé des failles responsables de l'abîme et les conditions indignes dans lesquelles nos martyrs sont partis", écrit-elle dans sa lettre à Emmanuel Macron. Avant que son père ne décède, elle a dû lui dire adieu rapidement, les médecins lui ayant indiqué que ce ne serait plus possible après "à cause des protocoles stricts".



Au Parisien, elle explique être encore "hantée" par la situation qui "perdure, hélas". "Nous souhaitons que ce mal-être qui nous empêche d'avancer soit pris en compte", enjoint-elle. Tous déplorent aujourd'hui un manque d'accompagnement, des proches partis trop vite, des "au revoir" galvaudés, à l'image du fondateur de l'association Victimes du Covid-19 "Pourquoi ne m'a-t-on pas laissé au moins lui dire au revoir derrière la vitre", lance-t-il ému au moment d'évoquer la mort de sa femme. Aujourd'hui, ils réclament tous cet hommage national, quelques minutes pour parler au président. "Il a le temps d'appeler Bigard après son coup de gueule sur la fermeture des bars mais pas de nous rencontrer dix minutes ?", ironise Sabrina Sellami. " Ce sont nos proches partis dans des conditions indignes et malheureuses qu'il faut réhabiliter par cet hommage", souligne-t-elle.

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