Des exilés sans-abris occupent un gymnase parisien pour obtenir des hébergements

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Des migrants sans-abris occupent le 6 mai 2021 un gymnase à Paris
Des migrants sans-abris occupent le 6 mai 2021 un gymnase à Paris
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© AFP, BERTRAND GUAY

publié le jeudi 06 mai 2021 à 16h12

Entre 200 et 300 exilés sans-abris, soutenus par un collectif d'associations, occupaient jeudi après-midi un gymnase parisien pour réclamer une mise à l'abri et des hébergements, a constaté un journaliste de l'AFP. 

Peu avant midi, les militants du "Collectif réquisitions" et des migrants originaires pour beaucoup d'Afrique subsaharienne ou d'Afghanistan, ont pénétré dans le gymnase Japy, dans le XIe arrondissement. 

"On exige une mise à l'abri pour toutes ces personnes, ces familles et ces mineurs qui dorment à la rue, car notre réseau d'hébergeurs solidaires ne peut plus assumer cet hébergement", a expliqué à l'AFP Maël de Marcellus, un responsable parisien de l'association Utopia56, membre du collectif.

Il s'agit de la quatrième opération coup de poing de cette organisation, qui a toujours obtenu des mises à l'abri après les occupations parisiennes d'une ancienne école maternelle du XVIe arrondissement, fin janvier, de l'Hôtel-Dieu mi-février, ou encore de la place de la République fin mars.

"Si on fait ce genre d'action, c'est qu'on n'a plus le choix, on est dos au mur, on espère que les autorités vont prendre la mesure de la situation", ajoute Kerill Theurillat, autre responsable d'Utopia56, qui évoque de nombreux retours à la rue de personnes hébergées lors des précédentes actions.

C'est le cas d'Armelle Olivia Sonfack, une Camerounaise de 30 ans arrivée en France il y a trois mois. 

Depuis, elle oscille entre la rue, avec ses jumeaux de trois ans, et les hébergements chez l'habitant ou dans des églises proposés par certaines associations.

"Depuis lundi, je suis de nouveau dehors. Après la place de la République, j'ai été hébergée une semaine à l'hôtel, puis je suis retournée à la rue. Puis 10 jours à l'hôtel, et ainsi de suite", raconte-t-elle dans les gradins du gymnase. 

Pour elle, un logement stable est indispensable, "parce que sans adresse fixe, je ne peux même pas inscrire les enfants à l'école".

Hamid Nadir, un Afghan de 29 ans, ne demande rien d'autre: depuis son arrivée en France il y a quatre mois, il est "dehors, sans douche, sans rien".

Il a quitté son pays en 2013 pour échapper aux talibans après avoir, affirme-t-il en français, servi d'interprète pour l'armée française.

La mairie de Paris, propriétaire du gymnase, affirme à l'AFP travailler "à des solution immédiates" avec la préfecture de région pour les occupants.

"Le problème risque de s'aggraver avec la fin de la trêve hivernale et la reprise des flux migratoires à l'été. Nous souhaitons mettre en oeuvre des solutions pérennes avec l'Etat, dont c'est la responsabilité", a souligné Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge de l'accueil des réfugiés et de l'hébergement d'urgence.

Selon le collectif réquisitions, les trois dernières actions ont permis de mettre à l'abri 720 personnes.

"Nous sommes décidés à rester pacifiquement sur place jusqu'à la mise en place de solutions d'hébergement", a-t-il indiqué.

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