Des bactéries résistent aux gels hydroalcooliques dans les hôpitaux

Des bactéries résistent aux gels hydroalcooliques dans les hôpitaux
Un chirurgien enfile des gants avant d'opérer un patient, en novembre 2003 à Paris.

Orange avec AFP, publié le jeudi 02 août 2018 à 18h30

Une résistance qui pourrait accroitre le risque d'infections nosocomiales.

Selon une étude de chercheurs australiens, publiée mercredi 2 août dans la revue Science Translational Medicine, certaines bactéries résisteraient de mieux en mieux aux désinfectants et aux solutions hydroalcooliques pour les mains. Une résistance qui pourrait accroitre le risque d'infections nosocomiales.





Même si les solutions antibactériennes contenant des désinfectants à base d'alcool ont contribué à lutter contre la bactérie SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) à travers le monde, les chercheurs ont détecté la progression d'un autre type de bactérie présente dans la flore intestinale: l'Enterococcus faecium. Une bactérie qui peut se répandre en milieu hospitalier via les cathéters ou les appareils respiratoires.

"On ne peut pas uniquement se reposer sur des désinfectants à base d'alcool"

Selon l'étude, "les infections à l'E. faecium, résistantes aux antibiotiques, ont augmenté malgré l'utilisation de désinfectants à base d'alcool et représentent aujourd'hui une cause majeure d'infections nosocomiales". Les échantillons bactériens prélevés après 2009 dans deux hôpitaux de Melbourne étaient plus résistants à l'alcool que ceux prélevés avant 2004.

"Nos résultats ne sonnent pas le glas des gels antibactériens pour les mains, mais ils montrent qu'on ne peut pas uniquement se reposer sur des désinfectants à base d'alcool pour contrôler l'E. faecium en milieu hospitalier", a commenté l'auteur de l'étude, Tim Stinear, microbiologiste à l'Université de Melbourne.

Selon les éléments de contexte fournis par cette étude, l'E. faecium serait responsable de 10% des infections nosocomiales bactériennes à travers le monde et respectivement la quatrième et cinquième cause de septicémie en Amérique du Nord et en Europe.

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