Déraillement mortel d'un TGV d'essai en Alsace : la SNCF et sa filiale Systra mises en cause

Déraillement mortel d'un TGV d'essai en Alsace : la SNCF et sa filiale Systra mises en cause
Le déraillement d'un TGV d'essai à Eckwersheim avait fait onze morts et 42 blessés le 14 novembre 2015.

Orange avec AFP, publié le lundi 30 octobre 2017 à 08h06

TRANSPORTS. France 3 Alsace a révélé les conclusions définitives de l'enquête judiciaire sur le déraillement mortel d'un TGV d'essai survenu à Eckwersheim (Bas-Rhin) en novembre 2015.

La SNCF et Systra auraient été reconnues responsables de l'accident qui a fait onze morts et 42 blessés.

Le 14 novembre 2015, un TGV d'essai effectuait un test sur le nouveau tronçon de la ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg, qui devait en principe entrer en service quelques mois plus tard, et ne le sera qu'en juillet 2016, avec trois mois de retard. À 15h04, il déraillait à l'entrée d'une courbe, avant de percuter un pont et de basculer dans le canal de la Marne au Rhin, à Eckwersheim (Bas-Rhin), à 20 km de Strasbourg. Onze personnes avaient été tuées et 42 autres blessées, dont certains très grièvement, parmi les 53 personnes qui se trouvaient à bord.

La rame d'essai circulait à 265 km/h à l'entrée de la courbe située en amont de l'accident, pour une vitesse normalement prévue à 176 km/h. Et elle circulait encore à 243 km/h au point de déraillement situé 200 mètres plus loin.

DES CONCLUSIONS "ACCABLANTES" POUR LA SNCF ET SYSTRA

Presque deux ans après le drame, le parquet a communiqué dimanche 29 octobre les conclusions définitives de l'enquête judiciaire aux familles et aux victimes de l'accident. "Les conclusions sont accablantes", selon France 3 Alsace qui révèle l'information. La responsabilité de la SNCF et de sa filiale Systra, chargée des essais, est pointée du doigt.



Dans ce rapport de 140 pages, il est une nouvelle fois mentionné le manque de formation, les mauvaises pratiques et le manque de coordination entre Systra et la SNCF. Selon les enquêteurs, l'équipage ne disposait pas d'informations suffisantes, ni des compétences requises pour conduire ces essais.

Systra a par ailleurs demandé à l'équipage de procéder à des essais en survitesse à 10% de plus que la vitesse de la conception de la ligne, et non la vitesse de commercialisation. L'essai à 330 km/h a donc été validé au lieu de 187 km/h, sans justification ni information au personnel d'essai. Le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait conclu dès février 2016 que la vitesse était "la cause unique" de l'accident.

Cette reconnaissance de responsabilité n'est pas suffisante pour l'avocat des familles des victimes, Me Chemla. "Nous avons enfin les conclusions qui devraient permettre au juge d'instruction de continuer son information et de mettre en examen des personnes morales", a-t-il réagi au micro France Bleu Alsace. Deux employés de la SNCF, un conducteur et un cadre, et un salarié de Systra ont été mis en examen en octobre 2016 pour homicides et blessures involontaires et placés sous contrôle judiciaire.

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