Déontologie de la police : vers un comité de "personnalités" au sein de l'IGPN ?

Déontologie de la police : vers un comité de "personnalités" au sein de l'IGPN ?
Des policiers à Paris, le 5 décembre 2020

, publié le jeudi 10 décembre 2020 à 17h45

Selon la directrice de la police des polices, cette démarche est "une façon d'ouvrir l'IGPN sur l'extérieur".

Un comité d'évaluation de la déontologie policière au sein de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) est en cours de constitution et devrait voir le jour début janvier, a annoncé la directrice de l'IGPN, Brigitte Jullien, jeudi 10 décembre. La patronne de la "police des polices" était auditionnée par la mission d'information de l'Assemblée nationale sur l'évolution des formes de racisme et de discrimination, a précisé que le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lui avait adressé une lettre de mission en ce sens.

Brigitte Jullien a expliqué que ce comité serait constitué de différentes personnalités: "un journaliste, deux magistrats, un avocat, une personnalité désignée par le conseil économique, social et environnemental, le défenseur des droits". Il pourrait y avoir également un membre d'Amnesty International, a-t-elle ajouté.

La composition de ce comité sera fixée par décret du ministre de l'Intérieur.

La "finalité" des contrôles d'identité pose question

La mission de ce comité sera de "travailler sur des dossiers de fond comme les contrôles d'identité, l'usage des armes...", a poursuivi Brigitte Jullien en expliquant que c'était "une façon d'ouvrir l'IGPN sur l'extérieur". Il pourra "s'autosaisir" de problématiques et faire "des recommandations" au ministre. Plus particulièrement, s'agissant des contrôles d'identité, "plusieurs millions" chaque année, Brigitte Jullien a estimé nécessaire "un gros travail de réflexion" car leur "finalité interroge".

Questionnée sur l'indépendance de l'IGPN et l'idée avancée par certains de mettre à sa tête une personnalité indépendante de la police comme en Grande Bretagne, Brigitte Jullien a répondu que "l'autorité indépendante, c'est le défenseur des droits", ce qui correspond, selon elle, à "l'inspection en Grande Bretagne".



Elle a relevé qu'il n'y avait "pas de fonction publique en Grande Bretagne". Or en France, il y a une "fonction publique" et "c'est l'autorité hiérarchique qui a le pouvoir de sanction "(administrative). Il en va pour la police, comme pour chacun des secteurs de la fonction publique. "En Grande Bretagne, a-t-elle poursuivi, la police est gérée de manière totalement différente". 

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