Démission de Mgr Aupetit : "Mais qu'a-t-il donc fait de si grave ?", s'interroge le pape

Démission de Mgr Aupetit : "Mais qu'a-t-il donc fait de si grave ?", s'interroge le pape
Le pape a accepté la démission de Mgr Michel Aupetit (en photo) le 2 décembre 2021.

publié le lundi 06 décembre 2021 à 17h05

Si le souverain pontife a évoqué "un manquement" de la part de l'archevêque de Paris, il a toutefois estimé que "les péchés de la chair ne sont pas les plus graves".

Dans l'avion qui le ramenait de Grèce, le pape François est revenu sur les raisons qui l'ont amené à accepter la démission de l'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit, accusé dans la presse d'avoir entretenu une relation intime avec une femme, ce qu'il a catégoriquement démenti. 

"Quand la rumeur grandit, grandit, grandit et atteint la réputation d'un homme, celui-ci ne peut plus gouverner (...) Et c'est une injustice. C'est pourquoi j'ai accepté la démission de Mgr Aupetit.

Non pas sur l'autel de la vérité mais sur celui de l'hypocrisie", a déclaré lundi 6 décembre le pape. 



"Je me demande : mais qu'a donc fait Aupetit de si grave pour remettre sa démission ? Si on ne connaît pas l'accusation, on ne peut pas condamner", a poursuivi le souverain pontife, invitant les journalistes à "enquêter". "C'est dangereux de condamner. Qui l'a condamné ? L'opinion publique, les rumeurs ? Mais qu'a-t-il fait ? Nous n'en savons rien", a-t-il insisté.

Le pape François a cependant évoqué "un manquement" de la part de Mgr Aupetit "au sixième commandement" ("Tu ne commettras pas d'adultère", ndlr), "pas total mais des petites caresses et des massages qu'il faisait à sa secrétaire". "Ça, c'est un péché. Mais ce n'est pas le péché le plus grave car les péchés de la chair ne sont pas les plus graves. (...) Ainsi, Mgr Aupetit est pécheur. Comme je le suis, comme l'a été Pierre, l'évêque sur lequel le Christ a fondé son Eglise", a-t-il souligné.

Jeudi 2 décembre, le Vatican avait annoncé que le pape avait accepté la démission de l'archevêque de Paris. Deux semaines plus tôt, un article du Point affirmait que Michel Aupetit avait eu en 2012, alors qu'il n'était pas encore archevêque, une relation intime et consentie avec une femme. Un courriel envoyé par erreur par le prélat laissait peu de doute, selon l'hebdomadaire, sur la nature de leur relation.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.