"Démagogie" sur le salaire des enseignants : Hidalgo répond aux accusations de Blanquer

"Démagogie" sur le salaire des enseignants : Hidalgo répond aux accusations de Blanquer
Anne Hidalgo, le 12 septembre 2021, à Rouen

publié le lundi 13 septembre 2021 à 12h25

Candidate déclarée à l'Elysée, la maire de Paris propose de doubler le salaire des enseignants de l'Education nationale, non s'attirer les critiques de nombreux responsables politiques qui y voient une idée populiste.

Dans la foulée de l'officialisation de sa candidature à l'élection présidentielle, les échanges fusent déjà entre Anne Hidalgo et l'exécutif sur le thème de l'Education nationale. La maire de Paris a défendu sa proposition de doubler les salaires des enseignants face aux accusations de "démagogie" portées notamment par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer.

"On est au sommet de la démagogie ! L'élection présidentielle ne peut pas être une Foire du Trône de la démagogie", a lancé le ministre dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France, lundi 13 septembre.

Pas encore de chiffrage sur le coût de la mesure

Interrogée sur France Inter, elle a jugé "inadmissible que nos enseignants (on pourrait dire la même chose de nos soignants) soient aussi peu payés", et face au "décrochement des classes moyennes et des catégories populaires qui ne peuvent plus vivre de leurs salaires". Elle n'a toutefois pas dit comment une telle hausse de salaires, proposée dans son livre à paraître mercredi, serait financée, assurant qu'elle visait un chiffrage de son programme d'ici la fin 2021.



Anne Hidalgo a fait valoir qu'"aujourd'hui en France le salaire d'un professeur en début comme en fin de carrière est deux fois moins élevé que celui qu'il pourrait avoir en Allemagne ou aux Pays-Bas".

"On maltraite les gens chargés de ces missions essentielles, et on dit que (cette proposition) c'est de la démagogie ? Ce que je trouve démagogique, c'est de vouloir faire croire qu'on s'intéresse à eux, qu'ils sont très importants",  tout "en les rémunérant d'une façon aussi faible", a-t-elle contre-attaqué.

Jean-Michel Blanquer a estimé que la mesure "aurait un coût cumulé de 150 milliards à la fin du quinquennat", et faisant valoir que le gouvernement a commencé à augmenter les salaires des enseignants. Pour le candidat à la primaire écologiste Yannick Jadot, cette mesure que "même les plus les plus radicaux" des responsables syndicaux "n'ont jamais demandé", coûte "trop cher", "au moins 40 milliards par an", a-t-il chiffré sur Radio J. Rachida Dati, maire LR du VIIe arrondissement, a vu dans la mesure "du populisme", sur France 2.

Dans son livre "Une femme française" à paraître le 15 septembre, Anne Hidalgo juge "possible, sur la durée d'un quinquennat, de multiplier par deux au moins le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves. Ou, pour commencer, d'aligner a minima le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire médian des titulaires d'un bac +5".

 

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