Délit d'entrave à l'IVG : les députés LR et le clergé dénoncent une atteinte aux libertés

Délit d'entrave à l'IVG : les députés LR et le clergé dénoncent une atteinte aux libertés
Christian Jacob, le 19 juillet 2016, à l'Assemblée nationale

Orange avec AFP, publié le mardi 29 novembre 2016 à 15h25

Plusieurs députés des Républicains ont apporté leur soutien au mouvement de protestation initié par des représentants du clergé, à quelques jours du débat sur une proposition de loi visant à élargir le délit d'entrave à l'interruption de grossesse. Le texte, soutenu par la ministre des Familles Laurence Rossignol, cible en particulier les sites internet diffusant des informations "biaisées" sur l'avortement.

La proposition a provoqué une levée de boucliers dans le milieu de l'église. Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, en a ainsi appelé directement à François Hollande pour qu'il fasse échec à ces dispositions, dénonçant une atteinte "grave" aux libertés, dans une lettre publiée lundi soir.

UN "PROBLÈME CONSTITUTIONNEL TRÈS CLAIR"

Le chef de file de l'opposition à l'Assemblée nationale Christian Jacob a indiqué que les députés LR s'opposeront à la proposition de loi PS, au nom de "la liberté d'expression". À l'inverse, son homologue de l'UDI Philippe Vigier a annoncé un soutien "majoritaire".

Dénonçant "la pensée unique et des tons moralisateurs" côté socialiste, Christian Jacob a invoqué "la défense de la liberté d'expression" pour justifier la décision de son groupe. "Il y a un problème constitutionnel très clair" car "on est clairement dans une entrave" à cette liberté, a-t-il lancé lors d'une conférence de presse. "A partir du moment où on n'est pas dans la ligne du gouvernement ni d'un site officiel, on serait condamnés", imaginez "que l'on élargisse cela, c'est juste invraisemblable", a-t-il poursuivi. Il a également rappelé la position du groupe Les Républicains en matière d'avortement : "On a toujours été très au clair sur l'accès des femmes à l'IVG" et "nous n'avons aucune leçon à recevoir", a-t-il asséné, rappelant que la loi Veil avait été adoptée sous un gouvernement de droite.

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a quant à lui indiqué ne pas comprendre "l'obsession qui pousse le gouvernement à choisir le point précis de l'avortement comme point d'intervention plutôt que les sites de radicalisation terroriste"


L'archevêque de Marseille Mgr Pontier estime quant à lui que la proposition de loi "constituerait, malgré ce qu'affirment ses dépositaires, un précédent grave de limitation de la liberté d'expression sur internet", qui "ne peut être à plusieurs vitesses suivant les sujets". "Une limitation d'autant plus grave qu'elle touche à des questions de liberté de conscience. Cela me semble être une atteinte très grave aux principes de la démocratie", martèle t-il. "Le moindre encouragement à garder son enfant peut-il être qualifié sans outrance de 'pression psychologique et morale'?". "Ces questions mériteraient pour le moins, comme cela a été le cas sur la fin de vie, un vrai débat parlementaire et citoyen", conclut le président de la CEF, qui "ose espérer" que François Hollande ne laissera "pas une telle mesure arriver à son terme".

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