Défilé du 14-Juillet : tensions sur les Champs-Élysées occupés par des "gilets jaunes"

Défilé du 14-Juillet : tensions sur les Champs-Élysées occupés par des "gilets jaunes"
Tensions sur les Champs-Élysées en marge du défilé du 14-Juillet

, publié le dimanche 14 juillet 2019 à 22h30

C'est la première fois depuis le 16 mars que des "gilets jaunes" parviennent à retourner manifester sur les Champs-Élysées qui avaient connu une flambée de violences lors du 18e samedi de mobilisation de ce mouvement social.

Des tensions après le défilé du 14-Juillet et de nombreuses interpellations ont terni les festivités dimanche sur les Champs-Élysées, qui avait placé l'Europe de la défense à l'honneur de la parade militaire. Selon un bilan dressé dimanche soir par la préfecture de police de Paris, un total de 180 personnes ont été interpellées dans la capitale où les "gilets jaunes" avaient appelé à manifester. Trente-huit placements en garde à vue ont eu lieu, dont 13 se poursuivaient à 19h, a précisé le parquet de Paris.

Pour les 25 autres, il a notamment été décidé de classer sans suite 16 procédures et de procéder à 8 rappels à la loi. 

Des dizaines de manifestants, qui ne portent par de chasuble fluo, ont occupé dimanche après-midi le haut de l'avenue des Champs-Élysées ouverte au public après le défilé, et ont mis à terre de nombreuses barrières métalliques au milieu de la chaussée. Des poubelles ont été incendiées. 



Les forces de l'ordre ont effectué à plusieurs reprises des tirs de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, parfois mêlés aux touristes ou aux badauds, et pour certains les visages dissimulés sous un foulard, un masque ou une capuche. Le calme est revenu progressivement à partir de 17h00 sur l'avenue où les forces de l'ordre demeuraient en nombre.

C'est la première fois depuis le 16 mars que des "gilets jaunes" parviennent à retourner manifester sur les Champs-Élysées qui avaient connu une flambée de violences lors du 18e samedi de mobilisation de ce mouvement social.

Ironie de l'histoire : la brasserie Le Fouquet's, qui avait été vandalisée le 16 mars lors d'une manifestation des "gilets jaunes", a rouvert ses portes ce dimanche et a du être protégée par les forces de l'ordre.

Trois figures médiatiques des gilets jaunes en garde à vue

Pour Emmanuel Macron, le défilé avait débuté dans la matinée par de nombreux sifflets venus de la foule au moment d'entamer la descente des Champs-Élysées en "command car", tandis que d'autres spectateurs applaudissaient.

Parmi la foule s'étaient glissés plusieurs dizaines de manifestants. Trois figures médiatiques des "gilets jaunes", Éric Drouet, Jérôme Rodrigues et Maxime Nicolle, ont été interpellés et placés en garde en vue, le premier pour "rébellion", les autres pour "organisation d'une manifestation illicite", selon le parquet. Interpellés dans la matinée, ils ont été libérés au fil de la journée.

Une vidéo tweetée par un journaliste du Huffington Post montre Éric Drouet, drapeau tricolore à la main, entouré et exfiltré par des policiers.



"Ceux qui ont voulu empêcher ce défilé devraient avoir un peu honte"

"Ici (depuis la tribune présidentielle, NDLR) je n'ai rien entendu. Je ne doute pas qu'un certain nombre de gens ont voulu exprimer leur opinion. Il n'a échappé à personne qu'ils le faisaient déjà depuis beaucoup, beaucoup de samedis. L'important c'est que le défilé se soit bien passé et que nous ayons pu exprimer aux armées, aux blessés des armées, notre reconnaissance et notre confiance", a déclaré à la presse le Premier ministre Édouard Philippe à l'issue du défilé.



"Ceux qui ont voulu empêcher ce défilé devraient avoir un peu honte", a commenté de son côté le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner : "Aujourd'hui, c'est un jour où la Nation est réunie, et je pense que la nation, il faut la respecter." 

"Ce n'est pas sérieux de se retrouver dans cette situation à cause de quelques dizaines d'individus violents", s'est agacé Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, selon qui les manifestants étaient seulement "autour de 150, 200 personnes" entre "gilets jaunes" et black blocks.

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