Déconfinement : Muriel Pénicaud appelle les Français à "consommer" leur épargne pour relancer l'économie

Déconfinement : Muriel Pénicaud appelle les Français à "consommer" leur épargne pour relancer l'économie
Au sortir du confinement, "le risque d'un chômage accru est extrêmement élevé" selon la ministre du Travail

, publié le vendredi 29 mai 2020 à 12h30

La reprise est visible, mais demeure trop progressive pour Muriel Pénicaud. Près de deux semaines après la fin du confinement la ministre du Travail a appelé ce vendredi les Français à "ressortir" et "consommer" les 60 milliards d'euros "mis en épargne" pendant le confinement afin de "faire repartir" l'activité et "combattre" la crise économique et sociale.


Si l'activité a "redémarré" depuis la fin du confinement, le 11 mai, "c'est quand même très progressif", s'est inquiété Muriel Pénicaud vendredi 29 mai au micro de Radio classique, en insistant sur les risques que la crise sanitaire faisait peser sur l'économie et sur l'emploi.

"Le risque d'un chômage accru est extrêmement élevé", a-t-elle mis en garde.

"Je pense qu'il faut en tant que Français qu'on ose consommer, qu'on ose ressortir, maintenant qu'il y a les conditions sanitaires" pour le faire et "qu'on arrive mieux à vivre avec le virus", a-t-elle poursuivi.

60 milliards d'euros d'économies en confinement

Selon la ministre, les Français ont "économisé et mis en épargne 60 milliards d'euros pendant la période de confinement". "Cet argent, c'est bien aussi qu'il re-circule, parce que c'est ce qui va faire repartir le commerce, l'industrie, ça aidera beaucoup à la reprise d'activité", a-t-elle insisté.

Selon des données publiées vendredi par l'Insee, la consommation des ménages a fondu d'un tiers (33,7%) au mois d'avril par rapport à celle du mois de février, et de 20,2% par rapport à mars. Un phénomène qui s'explique par la fermeture de nombreux commerces, obligeant les Français à épargner une partie plus importante de leurs revenus, notamment sur leurs livrets A, qui ont connu en avril un record de collecte de près de 5,5 milliards d'euros. 

Face à la crise, "il va falloir s'armer plus"

D'après l'Insee, l'économie française a commencé depuis le 11 mai à "reprendre son souffle", "après près de deux mois au ralenti", mais l'activité reste encore bien inférieure à son rythme de croisière. "Dans le bâtiment, on est à un peu plus de 50%, on n'est pas encore au maximum", a souligné Muriel Pénicaud. Selon elle, "l'industrie est à peu près à 60%. Et les commerces ont rouvert mais ils attendent encore les clients".

Redoutant la progression d'un "chômage accru", en particulier pour les renouvellement de contrats en CDD, Muriel Pénicaud a appelé à "prendre les choses à bras le corps". Face à la crise économique et sociale, "je pense qu'on est armés mais il va falloir s'armer plus, et ça demande de la mobilisation collective", a-t-elle conclu. Jeudi, les chiffres du chômage pour le mois d'avril sont tombés, faisant état d'un bond de 843 000 chômeurs de plus en catégorie A.
 

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