Déconfinement : "Ma première crainte, c'est que les gens n'aillent pas se faire tester", avertit Jean Castex

Déconfinement : "Ma première crainte, c'est que les gens n'aillent pas se faire tester", avertit Jean Castex
Jean Castex arrive au ministère de l'Intérieur le 29 avril.

, publié le mercredi 13 mai 2020 à 11h00

Avec la levée du confinement, il va forcément y avoir plus de contaminations. Mais, si le nombre de personnes hospitalisées redevient incontrôlable, la France pourrait être reconfinée.

Le "M. déconfinement" du gouvernement, Jean Castex, également chargé de plancher sur un plan de reconfinement, en a détaillé les mesures mardi 12 mai devant les députés. 

Dans son rapport sur le déconfinement publié lundi, Jean Castex évoque aussi un nouveau tour de vis. "J'ai fait un rapport de 68 pages où le reconfinement en prend une demie, ce n'est pas l'alpha et l'oméga de mes propositions", a-t-il expliqué aux élus mardi. Mais "il n'est pas sérieux, quand on déconfine, de ne pas envisager un coup d'arrêt, une réversibilité, qu'elle soit nationale ou territoriale", selon Jean Castex. "Il est normal que les pouvoirs publics s'y préparent". 




"Un reconfinement en urgence doit être anticipé", écrit dans son rapport Jean Castex. "En l'absence, à brève échéance, de vaccin ou de solution curative, la population française demeure vulnérable à une reprise de l'épidémie", souligne le document. 

"Notre souci n'est pas qu'on manque de tests"

"Il ne faut pas se démobiliser", a-t-il souligné mardi. Pour réussir à endiguer l'épidémie, "il est indispensable que les gens (se fassent) tester". Actuellement, "notre souci n'est pas tellement qu'on manque de tests (...) Ma première crainte, c'est que les gens n'aillent pas se signaler et se faire tester", insiste-t-il. 



Jean Castex explique qu'il faudra reconfiner si le nombre de contaminations quotidien double, selon les précisions de BFMTV. Le haut fonctionnaire a évoqué la décision prise en Allemagne : au-dessus de 50 nouveaux cas pour 100.000 habitants, il faut reconfiner. 

Ne pas fermer les lits de réanimation supplémentaires 

A l'hôpital, Jean Castex recommande de ne pas fermer pour l'instant les lits de réanimation supplémentaires. Il recommande un "désarmement" très "progressif" des lits de réanimation, dont la capacité avait été augmentée durant la crise. Et leur réouverture doit pouvoir s'effectuer "très rapidement (dans des délais de 24, 48 ou 72 heures selon les lits) pour faire face à un nouvel afflux de patients".

"Une attention particulière devra être également apportée aux ressources humaines dans un contexte de fatigue des personnels hospitaliers, en particulier dans les régions les plus affectées par la crise", avertit encore Jean Castex.

"Mieux prévenir les risques psycho-sociaux du confinement" 

Il indique par ailleurs que l'autorisation de se déplacer à plus de 100 km de son domicile sur présentation d'une attestation pourrait être supprimée par les préfets en cas de nouveau foyer épidémique. En cas de reconfinement, Jean Castex appelle à "mieux prévenir les risques psycho-sociaux du confinement, aujourd'hui mieux connus".

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