Déconfinement : les pistes à l'étude

Déconfinement : les pistes à l'étude
Devant un cinéma fermé à Montpellier le 16 novembre.

, publié le mercredi 18 novembre 2020 à 16h40

REPERES. L'exécutif planche sur la sortie du confinement, le 1er décembre.

Objectif : que cette mise sous cloche du pays soit la dernière, tout en contenant l'épidémie de Covid-19. Le gouvernement avertit : le déconfinement sera progressif, contrairement au printemps. Les bars, cafés et restaurants devraient rester fermés jusqu'en 2021. Les petits commerces, eux, pourraient avoir le droit de rouvrir le 27 novembre. 

Par touches, l'exécutif commence à dessiner les contours d'un déconfinement à partir du 1er décembre. Celui-ci s'annonce très progressif, afin d'éviter un troisième verrouillage du pays en 2021, tout en préparant l'arrivée d'un vaccin qui sera l'enjeu majeur des prochains mois.




Sur une ligne de crête, l'exécutif affiche sa retenue. D'ailleurs, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a préféré évoquer, mercredi 18 novembre, une "adaptation du confinement" au 1er décembre, "si la situation sanitaire nous le permet", plutôt qu'un déconfinement. "Nous ne sommes pas du tout au déconfinement, on en est même loin", a-t-il averti après le conseil de défense et le conseil des ministres. 

Des restrictions tant que le virus se propage 

Le Premier ministre Jean Castex a formalisé, mardi devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, ce qui était dans l'atmosphère depuis un temps : la sortie de l'actuel confinement sera "progressive". Une stratégie basée sur l'expérience du printemps, au cours duquel l'exécutif a "peut-être déconfiné un peu trop vite", a reconnu Jean Castex, qui était alors à la manoeuvre sous l'égide de son prédécesseur à Matignon, Edouard Philippe. Concrètement, cela veut dire que "des dispositions de freinage", c'est-à-dire des mesures de restriction, "perdureront" tant que le virus se propage, d'autant que l'hiver favorise sa circulation.

Le gouvernement a en tout cas déjà la boîte à outils juridique, grâce à l'état d'urgence sanitaire qui s'étendra jusqu'au 16 février minimum. Il permet d'activer librement le verrouillage de tout ou partie du pays, en ciblant la circulation des personnes, les rassemblements et en ayant recours à des couvre-feux, un scénario qui est "sur la table", selon une source gouvernementale. 

Réussir le virage des vaccins 

Un premier palier devrait donc être annoncé en milieu de semaine prochaine par Emmanuel Macron, avant une possible conférence de presse de Jean Castex pour en détailler les modalités.

Après avoir connu des cafouillages sur les masques et les tests, l'exécutif ne veut pas rater le virage des vaccins. Donc, la France "se met en état de vacciner sa population", a assuré mardi Jean Castex, en provisionnant 1,5 milliard d'euros pour 2021.

Alors que plusieurs laboratoires font état d'avancées très encourageantes, l'exécutif a finalisé cinq contrats et travaille à un sixième. D'ici là, des arbitrages auront lieu pour savoir quels seront les publics prioritaires : personnels soignants, personnes âgées ou vulnérables... L'objectif est de débuter la campagne dès janvier. Mais l'exécutif risque aussi de se heurter à la méfiance croissante des Français face aux vaccins.

Incertitude sur Noël 

En parallèle, Jean Castex souligne que "la phase suivante" sera marquée par "l'accroissement des tests", grâce à l'arrivée des tests antigéniques. Des campagnes massives pourraient intervenir mais posent un défi "logistique" important : il faudra traiter ces résultats pour alerter et isoler, selon la doctrine gouvernementale.

Circulation et rassemblements des personnes vont continuer à être réglementés dans les prochaines semaines. Jean Castex avait déjà annoncé que les attestations seront toujours demandées après le 1er décembre et que les grands rassemblements familiaux à Noël sont à proscrire.

Quid des transports ? 

Faut-il maintenir dans l'immédiat la limite d'une heure et d'un kilomètre pour les promenades, une règle attaquée par EELV devant le Conseil d'Etat ? Puis, à Noël, les déplacements pour se retrouver en famille seront-ils autorisés ? Le gouvernement doit encore trancher, même si la SNCF se dit déjà "prête" pour les vacances scolaires. Le gouvernement a déjà annoncé que 100% des trains sont ouverts à la réservation pour la période des vacances scolaires.

Un espoir pour les commerces non essentiels 

Des assouplissements à la marge ont été obtenus dès décembre pour les cultes et le sport, avec notamment la reprise de l'activité des mineurs, sous conditions de protocoles sanitaires renforcés. Mais de manière générale, des jauges devraient être définies dans tous les établissements recevant du public. Le secteur de la culture, très éprouvé, attend des directives.

L'exécutif, sous pression alors que la période des fêtes démarre, devrait assouplir dès le 1er décembre, voire le week-end précédent, les mesures pour permettre aux commerces de rouvrir, avec un protocole sanitaire renforcé. 

"Décaler" le Black Friday 

Les libraires, magasins de jouets et boutiques de vêtements, notamment, doivent pour l'instant se contenter de ventes en ligne et sur rendez-vous, et le secteur réclame une reprise dès le 27 novembre, jour de la gigantesque opération commerciale du "Black Friday", pour ne pas l'offrir sur un plateau aux géants du commerce en ligne.

"Un impératif", exhortent deux fédérations (Alliance du commerce et Procos), qui soulignent que le commerce spécialisé a vu son chiffre d'affaires s'effondrer de 80% depuis le nouveau confinement. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a demandé mercredi aux acteurs de la distribution de "décaler" le Black Friday, "qui n'a pas de sens dans les circonstances actuelles".

Catastrophe pour les restaurants s'ils restent fermés pendant les fêtes 

Un ballon d'oxygène dont ne devraient pas bénéficier bars et restaurants, des lieux importants de contamination, qui vont sans doute devoir attendre 2021 pour rouvrir. "Aujourd'hui nous ne voyons pas autour de nous de réponse suffisamment convaincante sur la façon dont on peut rouvrir les restaurants", résume une ministre. Une catastrophe pour ces établissements, mais aussi pour les filières d'approvisionnement comme celle de la volaille, du foie gras ou des coquilles saint-jacques. 

Doute pour les stations de ski 

Si, contrairement au confinement du printemps, l'économie a majoritairement continué de tourner en novembre, les perspectives pour 2021 sont sombres pour les indépendants, et l'exécutif craint une vague de défaillances.




Un point d'interrogation demeure aussi sur la saison touristique : les stations de ski pourront-elles ouvrir, alors que les hôpitaux de Savoie et Haute-Savoie saturent ? La ministre du Travail Elisabeth Borne appelle en tout cas les acteurs du secteur à "à recruter les saisonniers dont ils vont avoir besoin", quitte à "bénéficier si nécessaire d'activité partielle, si l'activité des stations de ski n'était pas au niveau escompté". 
 

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