Déchets nucléaires: brève réoccupation d'opposants au projet d'enfouissement à Bure

Déchets nucléaires: brève réoccupation d'opposants au projet d'enfouissement à Bure
Rassemblement contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) le 4 mars 2018, près du bois Lejuc, qui avait alors été évacué

AFP, publié le jeudi 18 juillet 2019 à 20h37

Des opposants au projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont brièvement réinvesti jeudi le bois Lejuc, où doivent être réalisés des travaux en vue de l'installation du site de stockage et qui avait été évacué en février 2018, a-t-on appris de sources concordantes.

"A cette heure, les manifestants se sont dispersés après avoir abattu des arbres pour ralentir la progression (des gendarmes, NDLR). Ils sont poursuivis par les unités de la gendarmerie aux abords du bois Lejuc", a annoncé la préfecture dans un communiqué peu avant 20H00.

Deux opposants ont été interpellés en fin d'après-midi, a-t-on précisé de même source.

"Nous n'avons trouvé personne" dans le bois, a dit à l'AFP le directeur de cabinet de la préfecture de la Meuse, Jean-Michel Radenac. 

Vers 14H00, "une dizaine d'individus habillés en noir, cagoulés, casqués, armés de projectiles, de cocktails Molotov et de billes d'acier ont (lancé) des projectiles sur les gendarmes" qui surveillent de façon permanente le site et qui n'ont pas répliqué, a indiqué M. Radenac.

La dizaine d'opposants, rejoints par "entre 20 et 30 personnes", a pénétré "dans le bois Lejuc où ils ont mis en place quelques barricades qu'ils (ont) enflammées", a-t-il expliqué. Il n'y a aucun blessé, a-t-il précisé.

Selon lui, "ils ont tendu une embuscade aux gendarmes". "On joue au chat et à la souris", a-t-il dit,  ajoutant qu'un escadron (de gendarmes mobiles) avait été déployé pour ratisser le bois.

En fin de journée, une dizaine de véhicules de gendarmerie était toujours visible aux abords, a constaté une journaliste de l'AFP. 

"De nombreuses personnes ont réinvesti ce lieu, au sol comme dans les arbres, pour réaffirmer leur opposition au projet de centre d'enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, au nucléaire et à son monde, industriel, colonial, militaire", ont annoncé dans l'après-midi les opposants dans un communiqué.

"Les forces policières qui occupaient jusque-là ce lieu stratégique et protégeaient les intérêts de l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, NDLR) ont été contraintes de quitter les lieux", avaient-ils précisé.

Le bois Lejuc, situé sur la commune de Mandres-en-Barrois, à quelques kilomètres de Bure, a été retenu par l'Andra pour y réaliser des forages exploratoires, dans le cadre du projet Cigéo.

Occupé par des opposants depuis l'été 2016, le site avait été évacué par quelque 500 gendarmes le 22 février 2018.

Les antinucléaires contestent la propriété du bois par l'Andra, y compris sur le terrain judiciaire. "Par deux fois, le président du tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a confirmé que le bois Lejuc était la propriété de l'Andra", par des ordonnances en janvier et juillet 2107, a rappelé la préfecture.

Le projet Cigéo vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets les plus radioactifs ou à vie longue du parc nucléaire français.

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