Décès de Vanik Berbérian, maire à l'origine de l'agenda rural

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Vanik Berberian, le 14 janvier 2019 à Paris
Vanik Berberian, le 14 janvier 2019 à Paris
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© AFP, ludovic MARIN

publié le mardi 09 mars 2021 à 21h51

Vanik Berbérian, maire du village de Gargilesse-Dampierre (Indre) depuis 1989 et "inspirateur" de l'agenda rural et du grand débat pour sortir de la crise des "gilets jaunes", est mort lundi d'un cancer à 65 ans, a indiqué l'AMRF qu'il a présidée de 2008 à 2020. 

Le chef du gouvernement, Jean Castex, a loué un homme politique qui "aimait passionnément la France et ses territoires". "Son combat pour la ruralité et pour ses habitants restera un exemple et un modèle d'engagement", a-t-il estimé. 

"Les maires perdent un ami et une personnalité nationale et attachante. Ils se sentent ce soir orphelins", a affirmé Michel Fournier, qui lui a succédé l'an dernier à la tête de l'Association des maires ruraux (AMRF).  

"Amoureux de nos campagnes qu'il a sillonnées avec un regard bienveillant et complice, il laisse une empreinte sur l'évolution positive de la ruralité grâce à sa force de conviction et le rôle déterminant qu'il a eu dans l'émergence d'un Agenda rural", a-t-il ajouté. 

Fils d'immigré arménien, devenu maire en 1989, ce Parisien était devenu incontournable sur les questions de ruralité, après son élection à la tête de l'AMRF en 2008. Ce mandat lui ouvre alors la porte des bureaux des décideurs où il y porte la cause rurale: non à la désertification médicale, non à la fermeture des services publics de proximité, non aux fermetures d'école ou encore non à l'hémorragie des commerces dans les campagnes. 

Le président Emmanuel Macron, qui avait rencontré M. Berbérian à de nombreuses reprises et avait participé à un grand débat organisé dans sa commune, d'environ 300 habitants, lui avait remis en novembre 2019 les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. 

-"La voix de la ruralité"-

Le maire avait joué un rôle prépondérant dans la création de l'"agenda rural"  présenté par l'ancien Premier ministre Édouard Philippe en septembre 2019, comprenant 173 mesures visant à "redonner des choix, de la liberté, des services aux habitants".

François Baroin, le président (LR) de l'Association des maires de France (AMF), a également salué la mémoire d'un "acteur engagé et passionné au service des communes rurales".

Pour le secrétaire d'État à la Ruralité, Joël Giraud, "la République perd un maire d'exception". "Notre meilleur hommage sera de donner vie et corps à son message pour les territoires ruraux", a-t-il souligné.

"Vanik Berbérian, président enthousiaste des maires ruraux, s'en est allé après un long combat", a réagi le leader centriste François Bayrou sur Twitter. "Je pense à lui, si engagé, si fidèle et malicieux, je pense aux siens, à ses compagnons. Avec gratitude", a-t-il ajouté.

Pour sa part, le ministre des Relations avec le parlement Marc Fesneau a salué "ses combats déterminés pour une ruralité fière d'elle même ou pour son deuxième pays, l'Arménie", également sur Twitter. 

A l'Assemblée nationale, la députée Élodie Jacquier-Laforge a salué à la tribune "l'inspirateur du Grand débat national et de l'agenda rural", "un passionné, un défenseur d'une ruralité positive". 

Nicolas Forissier, député de l'Indre, a salué un homme d'une "vitalité d'esprit assez exceptionnelle". "Il a porté la voix de la ruralité et de nos territoires, ces valeurs de Gargilesse et l'Indre et le Berry jusqu'à l'Elysée", a estimé  le chef de file de la droite aux élections régionales du Centre-Val de Loire.

"Il va manquer aux maires de France", a regretté Gil Avérous, maire de Châteauroux. "Il était écouté, respecté des ministres et des présidents, de celles et ceux qui nous gouvernent. C'est une grande perte pour la France et pour notre département."

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