Décès de Naomi Musenga : le responsable du SAMU de Strasbourg démissionne

Décès de Naomi Musenga : le responsable du SAMU de Strasbourg démissionne
Naomi Musenga est décédée, le 29 décembre 2017, des suites d'un infarcus. (Illustration)

Orange avec AFP, publié le mercredi 20 juin 2018 à 18h50

Selon l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), "la procédure générale de régulation" n'était "pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques".

Après la publication d'un rapport, mercredi 20 juin, pointant des dysfonctionnements dans "la procédure générale de régulation" des services de secours de Strasbourg, qui ont conduit au décès de la jeune Naomi Musenga, le responsable du SAMU de Strasbourg a annoncé sa démission. La jeune Française, d'origine congolaise, Naomi Musenga est morte chez elle, le 29 décembre dernier, après qu'une opératrice du Samu a répondu à son appel de détresse par des railleries, avant de lui dire de contacter SOS Médecins, ce qui avait retardé l'intervention des secours.



"Le non-respect de la procédure interne de régulation", à l'origine du décès de la jeune femme

Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), publié mercredi 20 juin, pointe une série de dysfonctionnements et indique que "la procédure générale de régulation" n'était "pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques" et "source de risque pour les patients".

Les réponses "non adaptées de l'assistante de régulation médicale", qui n'avait pas pris l'appel de la jeune femme au sérieux, sont aussi mises en cause par l'Igas, car elles ont "conduit à un retard global de prise en charge de près de deux heures vingt".



"Alors que tout appel à caractère médical devrait être 'régulé' par un médecin, la procédure en vigueur au Samu de Strasbourg permettait aux assistants de régulation médicale, dans certains cas, de traiter seuls ce type d'appels", observent les inspecteurs de l'Igas dans leur rapport. Les procédures en vigueur "soulignaient néanmoins la nécessité de transférer l'appel à un médecin régulateur de l'aide médicale d'urgence, par exemple dans le cas d'une douleur abdominale", ce qui "n'a pas été fait" par l'opératrice, détaille le rapport. Ainsi, "le non-respect de la procédure interne de régulation" par l'opératrice, "à deux reprises, a conduit à un retard de prise en charge adaptée de deux heures dix-neuf", peut-on lire.

"Un ton dur, intimidant et déplacé face à des demandes d'aide réitérées"

Le 29 décembre dernier, il est 11h28 quand Naomi Musenga est mise en relation avec le Samu, "après avoir échangé avec l'opératrice" des pompiers, une conversation qui "se fait sur un ton moqueur", note l'Igas. L'opératrice "emploie un ton dur, intimidant et déplacé face à des demandes d'aide réitérées" et ne transfère pas l'appel à un médecin, "bien que deux médecins soient présents". L'assistance de régulation ne pose "aucune question permettant d'éclairer l'état clinique de la patiente" et répète plusieurs fois à la jeune femme d'appeler SOS Médecins - alors que cette dernière a répondu "explicitement qu'elle n'était pas en mesure de le faire" -, détaillent les inspecteurs.

À 13h47, "une autre assistante de régulation médicale reçoit un appel de SOS Médecins et le transfère au médecin régulateur". Les services mobiles de réanimation, immédiatement envoyés, arriveront à 13h58, précise le rapport. La jeune femme est décédée quelques heures plus tard à l'hôpital des suites d'un infarctus.



Après la publication de l'enregistrement audio de la conversation entre la jeune femme et l'opératrice du Samu, de nombreuses personnes avaient exprimé leur indignation. À commencer par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui s'était déclarée "profondément indignée", dénonçant de "graves dysfonctionnements".

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